‹ Saül (volume 2)Chapitre 1 sur 58 · II NOTICE SUR LAMARTINE · texte numérisé non relu

II NOTICE SUR LAMARTINE

cette perfection de cœur qui le caractérise, par les soins d'une admirable mère ', dont il est, assure-t-on, toute l'image. Une personne grave et peu habituée aux comparaisons poétiques, qui avait en ce temps l'occasion de le voir avec ses sœurs sous l'aile de la mère, ne pouvait s'empêcher de comparer cette jeune famille aimable et d'un essor si naturel à une couvée de colombes. Quand

l. « Ma mère avait reçu de sa mère au lit de mort une belle Bible » de Royaumont, dans laquelle elle m'apprenait à lire quand j'étais » petit enfant. Elle était douée par la nature d'une âme aussi pieuse » que tendre, et de l'imagination la plus sensible et la plus colorée : » toutes ses pensées étaient sentiments, tous ses sentiments, étaient h im jes. Sa belle et noble et suave figure réfléchissait dans sa phy- » sionomie rayonnante tout ce qui brûlait dans son cœur, tout ce qui » se peignait dans sa pensée, et le son argentin, affectueux, solennel » et passionné de sa voix ajoutait à tout ce qu'elle disait un accent de » force, de charme et d'amour qui retentit encore en ce moment dans » mon oreille, hélas! après six ans de silence! etc.» (Voyage en Orient.) Et ailleurs : « Ma mère m'avait fait chrétien, j'avais quelquefois » cessé de l'être dans les jours les moins bons et les moins purs de ma » première jeunesse. Le malheur et l'amour, l'amour complet qui pud rilie tout ce qu'il brûle, m'avait également repoussé plus tard dans ce » premier asile de mes pensées. » Et encore : « Les versets, les lam- » beaux de psaumes que j'ai si souvent entendu murmurera voix basse » à ma mère en se promenant le soir dans l'allée du jardin de Milly, » me reviennent en mémoire. » — Toute cette biographie de Lamartine dans laquelle je m'aventurais le premier, sans documents particuliers et bien précis, ne peut èlre considérée que comme un à peu près, aujourd'hui surtout que l'auteur, dans les commentaires ajoutés poésies et dans d'innombrables pages de confidences, a tout raconté de lui et des siens. Il suffisait alors à ce premier portrait que le fond et les accessoires fussent d'une justesse approchante, largement posés et en harmonie de ton.

Page 1