NOTICE SUR LAMARTINE. III
tout n'était que bouleversement et tempête, comment ce doux nid était-il venu à éclore sur la colline pierreuse? Demandez à Celui qui voulut vêtir le lis du vallon et qui fait fleurir le désert ! — Le jeune Lamartine ne laissa cette vie domestique que pour aller à Belley, au collège des Pères de la Foi ; moins heureux qu'à Milly, il y trouva cependant du charme, des amis qu'il garda toujours, des guides indulgents et faciles, auxquels il disait en les quittant :
Aimables sectateurs d'une aimable sagesse: Bientôt je ne vous verrai plus !
Sans parler de tout ce qu'il y avait de primitivement affable dans la belle âme de Lamartine, on doit peut-être à cette éducation paternelle de Belley de n'y avoir rien déposé de timide et de farouche, comme il est arrivé trop souvent chez d'autres natures sensibles de notre âge. Après le collège, vers 1809, Lamartine vécut à Lyon, et fit, je crois, dès ce temps, un premier voyage et séjour en Italie *. Il fut ensuite à Paris, s'y laissa aller, bien
1. Il visita en effet l'Italie en 1810 et 1811, il dut y relire Connue, et lui-même (<lans ses Destinées de la Poésie) a confessé et proclamé cette influence de madame de Staël. — Il faut dire que les confidences biographiques données depuis par Lamartine laissent encore à désirer pour les époques précises; il n'est pas l'homme des dates.