‹ Saül (volume 2)Chapitre 15 sur 58 · NOTICE SUR LAMARTINE XYII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LAMARTINE XYII

Dans la chaleur du sang qui s'enivre ou s'irrite ! Le Poète y survit, si l'Ame le mérite ; Le Génie au sommet n'entre pas au tombeau, Et son soleil qui penche est encor le plus beau ' !

Depuis les premières Méditations jusqu'aux Harmonies, Lamartine est allé se développant avec progrès, dérivant de plus en plus de l'élégie à l'hymne, au poème pur, à la méditation véritable. Il y a bien de la grandeur dans son volume de 1820; il est merveilleusement composé sans le paraître; le roman s'y glisse dans les intervalles de la religion ; l'Élégie éplorée y soupire près du Cantique déjà éblouissant. Le point central de ce double monde, à mi-chemin des Hauts-lieux et du Vallon, le miroir complet qui réfléchit le côté métaphysique et le côté amoureux, est le Lac, le Lac, perfection inespérée, assemblage profond et limpide, image une fois trouvée et reconnue par tous les cœurs. Rien ne saurait donc être plus achevé en soi que ce premier volume des Médi-

1. Les vœux que nous adressions pour le poète durant son voyage n'ont guère été favorablement entendus. Une fois déjà, tandis que dans une précédente épttre (Consola lions) nous l'appelions heureux, la perte affreuse de sa mère nous venait à l'instant démentir; et, en cette seconde circonstance, c'a été un de ces malheurs qu'on ne peut môme nommer (la mort de sa fille unique) :

Dans l'Orient désert quel devint son ennui !

Page 1