XVI NOTICE SUR LAMARTINE
Non, tu n'as rien perdu; non, jamais la louange,
Un grand nom, — l'avenir qui s'entr'ouvre et se range, -
Les générations qui murmurent: C'est lui!
Ne furent mieux de toi mérités qu'aujourd'hui.
Dans sa source et son jet, c'est le même génie ;
Mais de toutes les eaux la marche réunie,
D'un flot illimité qui noierait les déserts,
Égale, en s'y perdant, la majesté des mers.
Tes feux intérieurs sont calmés, tu reposes ;
Mais ton cœur reste ouvert au vif esprit des choses.
L'or et ses dons pesants, la Gloire qui fait roi,
T'ont laissé bon, sensible, et loin autour de toi
Répandant la douceur, l'aumône et l'indulgence.
Ton noble accueil enchante, orné de négligence.
Tu sais l'âge où tu vis et ses futurs accords ;
Ton œil plane ; ta voile, errant de bords en bords,
Glisse au cap de Circé, luit aux mers d'Artémise ;
Puis l'Orient t'appelle, et sa terre promise,
Et le Mont trois fois saint des divines rançons I
Et de là nous viendront tes dernières moissons,
Peinture, hymne, lumière immensément versée,
Comme un soleil couchant ou comme une Odyssée!.
Oh ! non, tout n'était pas dans l'éclat des cheveux, Dans la grâce et l'essor d'un âge plus nerveux,