NOTICE SUR LAMARTINE. XX
l'infini dans tous les sens , profundum , altitudo 1 ! En même temps que la matière et le fond ont augmenté chez Lamartine, le style et le nombre ont suivi sans peine et se sont tenus au niveau. Le rythme a serré davantage la pensée; des mouvements plus précis et plus vastes l'ont lancée à des buts certains; elle s'est multipliée à travers des images non moins naturelles et souvent plus neuves. En faisant ici la part de ce qu'il y a de spontané et d'évolutif dans ce progrès du talent, nous croyons qu'il nous est permis de noter une influence heureuse au dehors. Si, en effet, Lamartine resta tout à fait étranger au travail de style et d'art qui préoccupait alors quelques poètes, il ne restait nullement insensible aux prodigieux résultats qu'il en admirait chez son jeune et conslant ami, Victor Hugo ; son génie facile saisit à l'in-
1. A celte admiration de plus en plus sentie, je ne veux opposer qu'une pensée qui m'est familière, et qui exprime bien moins une restriction de louanges qu'une tristesse, peut-être bizarre, d'affection : « Les grands hommes, les grands écrivains et poètes, arrivés » à un certain point de leur carrière, sont comme ces fleuves déme- » sûrement larges à leur embouchure et trop ouvertement na iga- » Lies. Tous les connais?'" ,t, et ils connaissent tous. C'est une hana- » lité que leur gloire. Oh! que je les aime bien mieux i>lus haut, » plus proche de leur origine, presque infréquentés, quand leur cours » est si mystérieux, si voilé encore, que deux vieux saules penchés » sur chaque rive peuvent se toucher du front et leur servir de ber- » ccau ! » — C'est précisément cet en Iroit de fraîcheur et de ni;. que lus Anciens choisissaient de préférence pour y dresser un aute! ù. la source sacrée, au dieu du fi ave.