‹ Saül (volume 2)Chapitre 48 sur 58 · MIC 110 L · texte numérisé non relu

MIC 110 L

Épargnez cette auguste victime!

JONATHAS

Ne souillez pas vos mains l...

lîicnoL.

Mourez du moins sans crime.

Non, j'ai trop écouté vos timides clameurs. Tous ceux que vous sauvez seront vos oppresseurs; Un Dieu jaloux de moi vous pousse et vous inspire. El pour ma perte aussi mon propre sang conspire. Laissez-moi !

JONATIIAS.

Non !

Tremblez !

MIC1IOL.

Ah ! que votre courroux Épargne le grand prêtre et retombe sur nous !

Par votre aveuglement ma fureur se ranime.

JONATUAS.

Quel crime aux yeux du ciel !

Eh bien, justice ou crime, Que m'importe? et que font aux aveugles destins Les malheurs, les vertus, les crimes des humains ? De trente ans de vertus quelle est la récompense ? Que m'est-il revenu de ma longue innocence ? Quel est ce Dieu vengeur dont vous parlez toujours? Il vous perd, et d'un monstre il protège les jours. Il le conduit au trùne, il vous fait sa victime, Et s'il a des faveurs, ce n'est que pour le crime. S'il les met à ce prix, je les veux mériter. Ne pouvant le fléchir, je le veux imiter : Je prends, ainsi que lui, ma haine pour justice, El de tous mes forfaits je le rends le complice.

iC8 SAUL.

JONATHAS

Par un blasphème, ô ciel ! n'éveillez pas son bras.

Craignez!...

Va, je le hais, mais je ne le crains pas.

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