SCÈNE IV
SAUL, ACHTMÉLEC, JONATHAS, ABNEK.
Vous qui me poursuivez avec tant d'injustice, N'êtes-vous pas contents d'un si grand sacrifice ? Dieu, prêtres dont la voix a vaincu mon courroux, Me serez-vous enfin plus cléments et plus doux ?
Moment de silence.
Non, leur haine est sacrée et rien ne la surmonte ! Je tomberai toujours, mais avec plus de honte. 0 lâche 1 qu'ai-je fait? j'ai pu m'humilier Devant mon ennemi jusqu'à le supplier !
162 SADL.
J'ai tremblé lâchement aux vains accents d'un traître ! J'ai fléchi devant lui, moi Saûl, moi son maître ! Ah ! j'aurais dû frapper, j'aurais dû dans son sein Plonger ce fer vengeur échappé de ma main, Prévenir et punir le crime par le crime, Rassasier mes yeux du sang de ma victime, Et, d'avance vengeant et ma chute et ma mort, Lutter contre le ciel et mériter mon sort.
En apercevant le grand prêtre.
Mais quoi ! je vois encor cet insolent prophète!
A Achimélec.
C'est toi qui conjuras les destins sur ma tète ! C'est toi, monstre sacré, dont l'infernale voix Place au front d'un brigand la couronne des rois ! Vengeons-nous I...
ACHIMÉLEC
Et sur qui? Je ne suis que l'organe Pu Dieu qui le choisit, du Dieu qui te condamne.
Tout ce que veut un fourbe, un Dieu l'a révélé !
ACHIMEi.EC.
Un Dieu plus fort que moi par ma bouche a parlé.
Que ce Dieu, s'il se peut, sauve donc son oracle !
ACHIMÉLEC
Le ciel ne fait jamais d'inutile miracle :
Il a su pour David tromper votre courroux;
Je ne suis plus qu'un homme, il m'abandonne à vous.
SAUL, à Abner.
Qu'on le mène à la mort, qu'il n'avait pas prévue !
A Achimclec.
Ton heure avant la mienne au moins sera venue.
On entraîne le uranù ; ACHIMÉLEC, en s'é oijrnaut.
C'en est fait I il manquait ce comble à tes forfaits. Ah ! vieillard malheureux, que tu me suis de près !