‹ Saül (volume 2)Chapitre 9 sur 58 · NOTICE SUR LAMARTINE. XI · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LAMARTINE. XI

Silencieux bosquets mal à propos rêvés, Terrasses et balcons, tous les lieux réservés, Tout ce Delta d'hier, ingénieux asile, Qu'on devait à quinze ans d'une onde plus facile !

De retour à Paris après sept ans, je crois,

De soleils de Toscane ou d'ombre sous tes bois,

Comptant trop sur l'oubli, comme durant l'absence,

Tu retrouvais la gloire avec reconnaissance.

Ton merveilleux laurier sur chacun de tes pas

Étendait un rameau que tu n'espérais pas ;

L'écho te renvoyait tes paroles aimées;

Les moindres des chansons anciennement semées

Sur ta route en festons pendaient eomme au hasard ;

Les oiseaux par milliers, nés depuis ton départ,

Chantaient ton nom, un nom, de tendresse et de fiamnte,

Et la vierge, en passant, le chantait dans son âme.

Non, jamais toit chéri, jaloux de te revoir,

Jamais antique bois où tu reviens t'asseoir,

Milly, ses sept tilleuls; Saint-Point, ses deux collines,

N'ont envahi ton cœur de tant d'odeurs divines,

Amassé pour ton front plus d'ombrage, et paré

De plus de nids joyeux ton sentier préféré !

Et dans ton sein coulait cette harmonie humaine,

Sans laisser d'autre ivresse à la lèvre sereine

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