XII NOTICE SUR LAMARTINE
Qu'un sourire suave, à peine s'imprimant; Ton œil étincelait sans éblouissenient, El (a voix mâle, sobre et jamais débordée, Dans sa vibration marquait mieux chaque.idéo!
Puis, comme l'homme aussi se trouve au fond de tout,
Tu ressentais parfois plénitude et dégoût.
— Un jour donc, un matin, plus las que de coutume,
De tes félicités repoussant l'amertume,
Un geste vers le seuil qu'ensemble nous passions :
« Hélas! t'écriais-tu, ces admirations,
» Ces tributs accablants qu'on décerne au génie,
» Ces fleurs qu'on fait pleuvoir quand la lutte est finie.
« Tout ces yeux rayonnants éclos d'un seul regard,
» Ces échos de sa voix, tout cela vient trop tard !
» Le dieu qu'on inaugure en pompe au Capitule
» Du dieu jeune et vainqueur n'est souvent qu'une idole !
» L'âge que vont combler ces honneurs superflus
» S'en repaît, — les sent mal, — ne les mérite plus !
» Oh! qu'un peu de ces chants, un peu de ces couronnes,
» Avant les pâles jours, avant les lents automnes,
» M'eût été dû plutôt à l'âge efflorescent,
» Où jeune, inconnu, seul avec mon vœu puissant,
» Dans ce mC'ine Paris cherchant en vain ma place,
» Je n'y trouvais qu'écueils, fronts légers ou de glace,