INTRODUCTION
Intérêt de SAÛL pour l'histoire littéraire.
Une nouvelle édition de Saûl peut être de quelque utilité pour les études lamartiniennes. Cette œuvre de jeunesse n'a été imprimée que deux fois intégralement, dans deux volumes qui ne sont pas très répandus: dans le tome III de l'Édition des Souscripteurs publiée en 1861 (chez l'auteur, rue de la Villel'Evéque. Imp. de Firmin Didot, 40 vol.), et dans une édition isolée de Calmann Lévy (1879). ^^^ éditions portent toutes deux au faux -titre la mention : inédite. Leur texte est ici complété et corrigé par celui des Manuscrits. Dans les collections de la Bibliothèque Nationale, Saûl figure sous quatre cotes : nos 5^ 40, 41, 42 du fonds Lamartine. Le ms. 3 et le ms. 42 sont des copies exécutées par des copistes. Le ms. 41 présente un court fragment du premier acte, écrit au crayon par le poète. Il s'arrête au vers 347. Le ms. 40 est aussi une copie, mais de la main de Lamartine et annotée par lui au crayon. Le texte qu'il donne est le plus complet, et c'est celui que nous adoptons.
Ce poème dramatique de Saiïl marque un moment intéressant dans la formation du poète. C'est pour écrire sa tragédie que, bien avant de connaître Genoude, Lamartine s'est pénétré de la poésie de la Bible. Initié par Alfieri, il s'élève à la haute poésie et s'écarte des petits poètes du xviiie siècle, jusque-là ses maîtres. En même temps qu'il cherche dans la Bible les ressorts et les couleurs de son drame, il apprend dans Racine et dans Voltaire son métier d'écrivain en vers. Avec sa rapidité naturelle