SCÈNE VI
jONATHAS endormi ; SAUL, fugitif, arrivant lentement sur la scène sans voir son fils.
OÙ fuir ? où retrouver, dans ces ombres funestes, De mes guerriers détruits les déplorables restes ? Sous le fer ennemi sont-ils donc tombés tous ! Et moi, qui les bravais, seul j'échappe à leurs coups !
Il cherche à reconnaître le lieu où il se trouve.
1660 Où suis-je? C'est le camp : voici ces mêmes tentes Muettes maintenant, naguère si bruyantes !... Peuple qu'entre mes mains le ciel avait remis. C'est donc là ce retour que je t'avais promis ? Qu'un moment a changé ton héros et ton maître !
166) D'une heure à l'autre, oh ciel ! qui peut le reconnaître ? Où sont tous tes enfants, dont les cris belliqueux Réjouissaient ton camp ? —Je te reviens sans eux ! Seul je vis, — et le ciel, constant à me poursuivre. M'arrache mon empire et me condamne à vivre !
1670 Et je vivrais ? — ô honte ! — et je viendrais m'offrir A la pitié d'un peuple ardent à m'avilir, A l'orgueilleux dédain des fils du sanctuaire, Lâches qu'enhardirait l'excès de ma misère,
1660. Oui, voici bien mon camp. L. — 1665. D'une heure à l'autre, hèlas, S et L. — 1669. le triomphe H, S et L.