‹ SaülChapitre 102 sur 110 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Et qui sur mes malheurs mesurant leur aftront, D'un reste de bandeau dépouilleraient mon front ? Non ! Non ! plutôt cent fois, de ma main forcenée, Moi-même, en roi du moins, faire ma destinée. Et puisque Dieu l'emporte et qu'il est le plus fort, Chercher contre sa rage un abri dans la mort !

Il tire son épée.

Frappons ! — • Mais Jonathas peut-être vit encore ! Faut-il l'abandonner au rival qui l'abhorre ! Comment ce faible enfant, de traîtres entouré. Sortirait-il du piège à ses pas préparé ? Que recueillera-t-il de mon triste héritage ? Un trône s'écroulant, la honte et l'esclavage ! Non, non ; bravons pour lui les derniers coups du sort ! Vivons, puisqu'il le faut pour prévenir sa mort ! Malgré le ciel, encor, conservons l'espérance ! Aux destins jusqu'au bout opposons ma constance ; Et s'il me faut tomber, eh bien ! tombant en Roi, Que toute ma maison s'engloutisse avec moi !

Saûl cherche une issue, et s'approche du sycomore au pied duquel son fils est étendu et endormi.

— Mais 011 le retrouver? où le chercher? — L'aurore

Sur ces sommets sanglants ne brille point encore :

Qui sait si ses rayons ne me montreront pas

Parmi des morts?... Grand Dieu, sauve au moins Jonathas.

(ONATHAS, à ce mot se réveillant, à demi-voix.

Où suis-je ? — Quelle voix m'a nommé ?

1679. contre lui-même 42. contre sa haine H, S et L. — 1684. Que recueillerait-il 42. — 1685. Rien qu'un trône croulant L. — 1687. Et s'il le faut enfin pour prévenir 42.

Il8 SAUL

SAUL, étonné

QjLii soupire ?

Parle ! qui que tu sois, que fais-tu là ?

Il s'approche précipitamment de l'arbre.

Q.uels accents !...

JONATHAS

C'est Saûl !.

SAUL, éperdu.

J'expire

Est-il vrai ? Jonathas !

JONATHAS

C'est moi !

SAUL, se précipitant sur son fils.

Je te retrouve !

JONATHAS

Et je meurs dans tes bras.

1700 Mais avant de fermer mes yeux à la lumière

Que le ciel soit loué ! J'ai pu bénir mon père.

Que vois-je? O malheureux ! Il nage dans son sang ! C'est donc ainsi, grand Dieu, que ta main me le rend !

1699. vos bras. H, S cl L. — 1702. O mon malheureux fils, S et L.

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