SAIL
Nos destins sont écrits dans vos lois éternelles,
Nos mérites pesés dans vos mains immortelles.
L'homme, œuvre de ces mains, pourra-t-il murmurer ?
Osera-t-il juger ce qu'il doit adorer ? 1780 Ah ! si la nuit des sens ici nous presse encore,
La mort ouvre nos yeux à l'éternelle aurore :
je la sens, ô Saûl ! Quelle immense clarté !
Mon père ! jour divin ! céleste vérité !
Que ces rayons sacrés consolent ma paupière !... 1785 Que le Seigneur m'est doux à mon heure dernière!...
Mon âme dans son sein s'exhale sans effort.
Mon père!... adieu... Seigneur, recevez...
Il meurt.
SAÛL, contemplant le corps de son fils.
Il est mort !
Il est mort!... La voilà, cette longue espérance. Ces destins éternels promis à ma puissance !
1790 Oracles imposteurs ! A mon peuple, à mon fils, A toute ma grandeur, malheureux, je survis! Comme un astre tombant qui brille et qui s'efface, J'ai vu briller et fuir tout l'espoir de ma race : Et moi, vieilli, défait et pleurant sur des morts,
1795 Vaincu, je reste seul !... seul avec mes remords!
Mourons donc ! Venez tous jouir de mon supplice. Vous, ombres qu'immola ma sanglante injustice ! Dans le sang de mon fils voyez couler mon sang 1 Mais je ne vous vois pas à ce suprême instant,
1800 Mânes persécuteurs, auteurs de ma misère !
Quoi ! vous m'abandonnez à mon heure dernière ?
1779. ce qu'il doit ignorer ? 42. — 1782. Je la vois, L. — 1796. Accourez ! L. — 1798. Au pur sang de mon fils va se mêler mon sang ! L. — 1799. ce dernier instant, H.