‹ SaülChapitre 34 sur 110 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

J'ai fait pour les lier des efforts superflus,

Mon fils, depuis longtems Dieu ne m'éclaire plus.

JONATHAS

Demandez-lui, Seigneur, sa force et sa lumière. Espérez tout de lui.

Que veux-tu que j'espère ?

Où sont mes défenseurs ? Où sont mes compagnons ? Le glaive a moissonné leurs vaillants bataillons, Au milieu des combats ils sont tombés sans vie ; Je foule leur poussière et je leur porte envie : Ils sont morts dans leur gloire en vengeant leur pays ! C'est moi qu'il faut pleurer, puisque je leur survis. Quel appui, Dieu puissant, reste-t-il à ma cause ? Sur quel héros faut-il que mon bras se repose ? Un vieillard, un enfant, une femme et des pleurs, \'oilà donc mon espoir, voilà donc tes vengeurs !

Il en était un autre.,

MICOL

Et qui donc ?

JONATHAS

O mon père, N'aviez-vous pas deux fils ? N'avais-je pas un frère ?

297. à ta cause } R et L. — 300. Voilà tout mon espoir et tous mes défenseurs ! L. — 301. restait K et L.

301-302. Alf., l\, 2. JoNATHAS. Toutes vos ressources sont en David. MiCHOL. Mais David n'est pas avec vous, vous l'avez exilé, vous avez voulu le faire mourir.

Que dites-vous ? oh ! ciel ! oh ! regrets superflus ! Oui, David fut mon fils; hélas ! il ne l'est plus !

305 David n'est plus mon fils. Ah ! s'il l'était encore, S'il entendait la voix du vieillard qui l'implore, Si le Seigneur pour nous armait encor sa main De la fronde sacrée ou d'un glaive divin. Il rendrait à mes sens la force et la lumière,

310 Et l'ennemi tremblant, couché dans la poussière, Sous nos coups réunis tomberait aujourd'hui, Car David est ma force et Dieu marche avec lui ! Mais j'ai brisé moi-même un appui si fidèle, C'est par des attentats que j'ai payé son zèle.

515 David n'est plus mon fils, je l'ai trop outragé; Si mon malheur le venge, il est assez vengé !

JONATHAS

A ce héros, Seigneur, rendez plus de justice. Ah ! s'il savait son prince au bord du précipice. Ce héros généreux voudrait, n'en doutez pas, 520 Se veno^er de vos torts en vous ofi'rant son bras !

Ah ! tu dis vrai, peut-être. Oui, ce cœur magnanime Est fait pour concevoir un dessein si sublime. Mais séparé de nous, au fond de ses déserts. Il n'a pas entendu le bruit de nos revers, 32) Il ne reviendra pas me ramener ma gloire.

303. Ah ! que me dites-vous ? regrets trop superflus ! L. — 304. David était mon hls ; L. — 306. Manque dans L. — 310. perdant son arrogance altièrc, L.

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