Alf., II, 5 : Tu as vaincu, mon fils
Hélas ! on a tout fait pour tromper ma vieillesse, 55S Pour égarer mon cœur : un prestige fatal,
Dans mon plus ferme appui me fit voir un rival.
Que ne puis-je effacer ces jours de ta disgrâce,
Que ne puis-je?. .. Ah ! du moins ma douleur les efface !
Viens, généreux ami de ton roi malheureux, 360 Viens en jours éclatants, changer les jours affreux.
Ah! c'en est trop. Seigneur, ce jour, ce jour propice, Réparerait lui seul un siècle d'injustice ; Eh quoi ! mon bienfaiteur, mon seigneur et mon Roi, Jusqu'à me supplier s'abaisse devant moi ? 565 Ah ! de vos mains, ô Roi, ne suis-je pas l'ouvrage?
Un héros tel que toi doit tout à son courage ; Il est l'oeuvre de Dieu, le fils de ses exploits. Cesse de rappeler tout ce que tu me dois ; Je te dois plus moi-même, et tant de modestie 370 Ajoute un nouveau lustre à l'éclat de ta vie.
Apercevant l'humble vêtement de David.
Mais dans quel humble état parais-tu dans ces lieux ? Où sont de tes exploits ces témoins glorieux, Ces ornements guerriers, cette éclatante armure. D'un gendre de Saûl belliqueuse parure?
358. Manque dans L. — 360. changer ces jours L. — 361. O mon maître, c'est trop, L. — 365. Vers faux dans L : Eh ! de vqs mains, ô mon roi, ne suis-je pas l'ouvrage? — 367-370. Un trait en marge au crayon indique la suppression possible de ces quatre vers. 40.
3/4-359. I Reg. XXVI, 21 : Peccavi, revertere, fili David; nequaquam
enim ultra tibi malefaciam, apparet enim quod stulte egerim et ignoraverim multa nimis.