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ACTE PREMIER 5I

duel est cet humble habit, mon fils, où je te voi ?

DA\'ID

C'est celui d'un berger, celui que devant toi L'humble fils d'Isaï portait dans son enfance, Quand il fut, dans Sichem, admis en ta présence.

Pourquoi l'as-tu repris ?

DAVID

Son souvenir m'est doux.

Nu vous m'avez reçu, nu je reviens vers vous ; Tel que j'étais, Saûl, avant que ta tendresse Eut, par tant de faveurs, exalté ma jeunesse.

O fils, digne en effet de toute ma faveur, Dans cet abaissement j'admire ta grandeur ! Laisse-moi réparer un trop cruel outrage, Reçois de mon amour, reçois ce nouveau gage.

Il lui donne sa lance.

Viens, je n'ai pas besoin de t'en dire l'emploi. Tu sais ce qu'aujourd'hui la terre attend de toi !

JONATHAS, lui offrant son casque.

O mon père ! permets que ma main, faible encore, Offre aussi son hommage au héros que j'honore ; Prends ce casque, et, brillant dans mes premiers combats, Qu'il fixe mes regards, et dirige mes pas !

588. Saïil attend de toi ! L. — 391-392. et qu'il soit dans mes premiers combats L'étendard glorieux qui dirige mes pas. L.

378. Sichem, même remarque que pour Gessen, cf. note au v. 62.

386 sqq. La scène de la remise des armes à David par Saûl, Michel et Jonathas n'est pas dans Alf. Il y n une scène analogue dans Soumet, V, 2. Dans la Bible, c'est avant le combat avec Goliath que Satil offre ses armes à David, David leur préfère d'ailleurs sa fronde. I Reg.

MICOL, lui donnant le bouclier. j

Et moi, je viens t'offrir, d'une main plus tremblante, Un don plus rassurant pour le cœur d'une amante,

395 Ce bouclier sacré, qu'en des jours plus heureux, Mes mains avaient orné d'emblèmes amoureux ; Qu'il émousse les traits d'une main ennemie, Qu'il couvre de son ombre et ton peuple et ta vie ! Et toi, songe, ô David, en le portant toujours,

400 Que c'est moi qu'il protège, en protégeant tes jours !

DAVID, élevant ses armes dans ses mains.

O toi, qui de la fronde armas mes mains timides. Toi qui prêtas ta force à mes flèches rapides. Arbitre des combats. Dieu terrible. Dieu fort. Qui portes dans tes yeux la terreur et la mort, 405 Daigne bénir encor ces armes plus terribles !

Q.uitte, quitte. Seigneur, tes hauteurs invisibles. Viens, descends, et combats, et, sous l'œil de mon Roi, Fais-moi vaincre aujourd'hui pour mon peuple et pour

Allons, déjà j'entends la trompette sacrée ; 410 Mes guerriers de ces lieux vont assiéger l'entrée. Viens montrer à Juda son dernier défenseur! L'espoir, à ton aspect, renaîtra dans son cœur.

408. ton peuple L. — 409-410. la trompette guerrière ; Les soldats de ces lieux assiègent la barrière. L.

XVII, 58 : Et induit Saïil David vestimentis suis et imposuit galcam auream super caput ejus et vestivit eum lorica.

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