‹ SaülChapitre 50 sur 110 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Eh bien ?

LA PYTHONISSE

Il est vainqueur !

Qiiel triomphe, ô David ! que d'éclat t'environne ! Que vois-je sur ton front?

Achève !

LA PYTHONISSE

Une couronne !

SAÛL, furieux.

Perfide ! que dis-tu ? David est couronné ?

LA PYTHONISSE, avec tristesse.

Hélas ! et tu péris^ jeune homme infortuné !

Et pour pleurer ton sort, jeune et tendre victime,

Les palmiers de Cadès ont incliné leur cime !

Epargne-le, grand Dieu! détourne tes fureurs,

Saùl a bien assez de ses propres malheurs !

Mais la mort l'a frappé, sans pitié pour ses charmes.

Hélas ! et David même en a versé des larmes !.. .

Silence ! C'est assez ; j'en ai trop écouté !

571. Qu'as-tu dit? lui, David, KM. — 573. belle et tendre NM. — 575. correction an crayon, le texte primitif était : O ciel, épargne-le ! 40. Grâce, grâce, ô mon Dieu, KM.

LA PYTHONISSE, sans l'entendre.

sBo Saùl ! pour tes forfaits, ton fils est rejeté ;

D'un prince condamné Dieu détourne sa face, D'un souffle de sa bouche il dissipe sa race, Le sceptre est arraché...

SAÙL, l'interrompant avec violence.

Tais-toi, dis-je, tais-toi !

LA PYTHONISSE, sans l'entendre-

Saùl ! Saûl ! écoute un Dieu plus fort que moi ! 1

585 Le sceptre est arraché de tes mains sans défense, |

Le sceptre chez David passe avec ta puissance. Et ces biens, par Dieu même à ta race promis, Transportés à David, passeront à ses fils ! Qiie David est brillant ! que son triomphe est juste ! 590 Qii'il sort de rejetons de cette tige auguste !

Q.ue vois-je? Un Dieu lui-même! O Vierge du saint li Chantez, chantez David ! David enfante un Dieu !

SAÛL, avec plus de fureur.

Ton audace à la fin a comblé la mesure, Va, tout respire en toi la fourbe et l'imposture, S95 Dieu m'a promis le trône et Dieu ne trompe pas.

584. plus fort que toi, 42. — 586. dans Juda passe avec ta puissance, KM et L. — 588. passent tous à ses fils ! NM.

580. I Reg. XXVIII, 19 : Et dabit Dominus etiam Israël tecum in manus Philistiim ; cras autem tu et filii tui mecum eritis. Ces prophéties, je le rappelle, sont dans la bouche de Samuel, et non dans celle de la Pythonisse.

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