‹ SaülChapitre 58 sur 110 · ACTE II J · texte numérisé non relu

ACTE II J

Je n'irai plus traîner ma honte et mes misères

Loin des yeux de Micol, des tombeaux de mes pères ;

Je n'irai plus montrer aux ennemis de Dieu

David errant, proscrit, pleurant loin du Saint Lieu !

Plutôt, plutôt cent fois, aux pieds de l'arche même,

Arroser de mon sang une terre que j'aime,

Et, présentant mon sein sans défense à vos coups.

Prouver mon innocence à tout autre qu'à vous !

SAUL, brandissant sa lance.

Quoi ! tu prétends ici, malgré ton Roi?... Barbare !

JONATHAS, retenant son père. >

Que faites-vous, ô Roi ?

MICOI.

Qjaelle fureur l'égaré ?

JONATHAS, montrant David.

Il tombe à vos genoux sans défense. — Ah ! Seigneur, Au calme de son front, reconnaissez son cœur !

SAÛL, furieux et égaré.

Quoi ! tu ne perces pas le masque du perfide ? Quoi ! tu n'aperçois pas son glaive parricide ? Son œil cherche le sein que son fer doit percer, Et s'il hésite encor, c'est pour mieux l'enfoncer ! Le vois-tu? Le vois-tu ? — Fuis ! le fer étincelle ; Hélas ! il est trop tard ! — Du sang ! Le sang ruisselle ! Pour monter, à ta place, au trône qui l'attend, Il se fait de ton corps un marchepied sanglant !

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