ACTE IV
Si votre cœur, fidèle à la reconnaissance,
En lui, mais en lui seul, fonde son espérance.
SAUL, égaré.
Qui parle au nom de Dieu ?... Qiiel pontife inspiré Ose tenir ici ce langage sacré ?
Il cherche David sans le voir.
Fils de Melchisedech, approche que je voie Cet autre Samuel que le ciel me renvoie ! Pour me parler ainsi, réponds-moi, quel es-tu ? Du redoutable éphod es-tu donc revêtu ?
11 reconnaît David.
Mais non ! Par ses discours mon âme était trompée ! Je vois briller sur lui la cuirasse et l'épée ; C'est David !... et pourtant je ne reconnais pas Ce fer dont, ce matin, j'avais armé son bras.
Il prend l'épée de Goliath.
Quel est ce glaive ?
MICOL
O ciel !
( DAVID
C'est la dépouille sainte Que ma fronde a conquise au champ du Térébinthe, Ce fer que sur mon front le géant philistin Comme un éclair de mort fit briller dans sa main. Mais qui, tombant bientôt de sa main égarée, Lui donna cette mort qu'il m'avait préparée.
1523. ton bras. 42.
SA Cl
i?3o Qu'cntends-je? Eh quoi! ce fer, consacré par mes mains, I Ne fut-il pas soustrait aux regards des humains, \
Et, pour rendre à Dieu seul l'honneur de ce miracle, Suspendu devant lui dans le saint tabernacle? ;
Moi seul n'avais-je pas le droit de le toucher ?
1335 Parle !
DAVID
Il est vrai.
Q.ui donc osa l'en arracher ?
Qui viola du roi la défense suprême ?
DAVID
Moi seul.
Et dans quel tems, perfide ?
DAVID
Aujourd'hui même.
L'ordre du Dieu vivant dans mes mains l'a remis ; Voyez, il fume encor du sang des ennemis ! 1540 Le sang dont il est teint. Seigneur, me justifie, Le voici ! Jugez moi, je vous livre ma vie.
David lui remet Tépée de Goliath.
SAÛL, saisissant l'épée.
Ton crime t'a jugé. Va, ce trait odieux
Fait tomber à la fin le bandeau de mes yeux !
1330. Que dit-il ? Quoi, ce fer, L.