‹ SaülChapitre 85 sur 110 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Remplira les déserts du nom de Jéhova, Fondera sur Sion sa demeure éternelle, Et qui verra, de loin, de sa race immortelle Les sacrés rejetons, germant dans l'avenir, Enfanter dans les tems Celui qui doit venir !

ABNER

Quelle audace !

SAUL, avec terreur, en regardant David.

Est-ce un Dieu?

JOXATHAS

Quel éclat sur sa tête !

ABNER

Quoi ! Tu ne trembles pas, téméraire prophète?

ACHIMÉLECH

Moi, trembler! Devant qui? Va, malheureux vieillard,

Je te plains. Je voudrais... Hélas ! il est trop tard !

Saùl est rejeté, sa race est retranchée.

De ce tronc réprouvé la tige est desséchée ;

Fonds en pleurs, Benjamin ! Juda, réjouis-toi :

C'est de ton sein que sort ton salut et mon Roi !

Israël le bénit, l'univers le contemple.

Il règne, il est des rois la terreur et l'exemple.

Son sceptre réjouit les heureuses tribus.

Les îles et Saba lui portent leurs tributs.

C'est un astre nouveau que l'univers adore !

1377. Abner est une correction sur Saul dans la hoiicbe duquel le poète avait d'ahord placé ce vers. 40. — 1383. et ton roi ! 42.

1387. Retour aux passages du Vs. LXXI cites au vers 1090.

A sa vive clarté, venez, accourez tous, 1590 Peuples de l'aquilon, nations de l'aurore ;

Et vous, rois étrangers, de sa grandeur jaloux,

Et vous, fils de Sion, venez, prosternez-vous !

Poussez des cris de joie et des chants de victoire !

Voici l'élu de Dieu, voici le Roi de gloire ! 1395 Tombez à ses genoux !

Achimélech montre David et l'adore lui-même. JONATHAS, frappé de respect.

Tombons à ses genoux !

MICOL

C'est un Dieu qui l'ordonne !

DAVID, voulant les rel^'^er.

Que faites-vous ?

ABNER, sans fléchir.

Jamais !

SAÛL, épouvante.

Ma force m'abandonne !

A David.

Heureux fils d'Isaï, tu l'emportes sur moi !

1395. Tombez à genoux! 42 et L.

1^94. Réminiscences du Ps. XXIII, auquel est peut-être emprunté le mouvement général de la réplique : Q.uis est iste Rex gloriae ?

1399. Le Saiil d'AlJieri, plus fier, ne songe pas à s'abaisser devant David. Viricu craignait l'effet de ce jeu de scène, qui pouvait prêter au ridicule. Lamartine reconnaît que le pas est glissant : « Le moment où Saiil tombe aux pieds de David est en effet le point critique. Le succès ou la chute de ceci dépendra tout entier de Talma et de l'enthousiasme du grand-prêtre, mais je me garderai d'ôter cet endroit qui, s'il réussit, ne réussira pas médiocrement et qu'à mon sentiment je trouve assez naturel pour pouvoir réussir s'il est bien joué » (Corr., I, cxLvrii).

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