‹ SaülChapitre 86 sur 110 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Je suis vaincu, je tombe à tes pieds !

Quoi ! vous pourriez ?.

O mon Roi,

Un Dieu me force à reconnaître Dans mon lieureux rival mon vainqueur et mon maître ; Malgré ma haine, un Dieu me force à l'adorer.

DAVID

A quel abaissement ?...

SAÛL, prosterne.

Laisse-moi t'implorer !

Je m'abaisse et voudrais m'abaisser plus encore ; Mais ce n'est pas pour moi que ma bouche t'implore ! Avant que de te voir au trône qui t'attend, Pour le défendre en Roi, j'aurai versé mon sang ! Mais le ciel est plus fort que tout mon vain courage. Et ce sceptre sanglant sera ton héritage. Tu régneras. Au moins, sur ma ruine assis. En remplaçant le père, épargne au moins le fils. Ne verse pas le sang de toute ma famille, Epargne Jonathas, prends pitié de ma fille ! Souviens-toi, dans les jours de la prospérité. Que je te recueillis dans ton adversité, Que si Dieu t'a choisi, c'est moi dont la tendresse A d'un rival trop cher réchauffé la jeunesse.

1409. Et le sceptre 42. — 1410. Tu régneras toujours, 42,

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Que tu fus entouré de toute ma faveur.

Qiie ma longue amitié prépara ta grandeur, 1420 due, pouvant me venger, ma main tremble et s'arrête.

Et qu'à ce moment même où la voix du prophète

M'avertit que je tombe et que tu vas régner.

Maître encor de tes jours, j'ai pu les épargner.

Va, délivre mes yeux d'une vue importune, 1425 Va, loin de mes malheurs, attendre ta fortune !

Hâte-toi, fuis, épargne un crime au désespoir !

Je puis plus aisément t'épargner que te voir.

David se retire avec Micol.

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