SCÈNE VII
LA REINE, DAVID, SAUL, caché
La reine arriye par la droite, causant avec la grand prêtre. — Apercerant David.
LA HEINE, au grand prêtre.
Le voici. Laisse-nous.
Le grand prêtre sort.
Ah I David 1 Je vous trouve enfin et, vive Dieu ! couvert de gloire. D'abord, délicieux déjà, je ne voyais en vous qu'un berger, mais plus beau par votre triomphe, je ne veux plus vous voir qu'en vainqueur. D'où vient votre souci, David ? car vous avez l'air soucieux. Je sais que le roi vous parlait durement tout à l'heure. Est-ce cela?
DAVID
Non, Madame; le roi peu à peu a calmé l'âpreté de ses premières paroles et m'a bientôt parlé très doucement.
LA REINE
Très longuement aussi ? — Vous étiez restés seuls, n'est-ce pas?
DAVID
Oui; quelque temps.
SAUL, caché.
Ils sont trop loin. Je n'entends rien.
LA REINE
Vraiment vous auriez tort, David, de vous faire
souci de ces choses. L'humeur du roi ne doit pas vous vexer : elle n'a pas grande importance ; elle est revêche et souvent hostile sans cause; elle varie incessamment...
DAVID
Mais je ne m'en fais point souci, Madame. Le roi s'est montré bon pour moi.
LA REINE
J'ensuis heureuse, David. II est vrai que votre beauté ne peut que plaire, mais la bonté, que vous dites, du roi, aidera beaucoup nos affaires. Car je vous veux du bien, David : votre courage de tantôt mérite une autre récompense que les ovations d'un peuple stupide exalté... Je vois que vous saurez parler au roi, puisque sa triste humeur, en causant avec vous, s'est changée, et... mais d'abord, David, dites : n'oubliez pas que c'est à moi que vous devez cet honneur !.. *
DAVID
Et quel honneur, Madame ?
LA REINE
Etre chanteur auprès du roi*
DAVID
Excusez-moi, Madame, si je savais déjà. . .
LA REINE
Ah ! le grand prêtre vous avait dit ?
DAVID
Non.
LA REINE
Le barbier ?