L. B.-, Semaine politique et littéraire
Pièce assez curieuse, par la forme que l'auteur lui a donnée, mais qui se rapproche un peu trop servilement de la légende antique, qu'elle ne rajeunit, ni par un commentaire original, ni par un détail inédit.
V Autorité.
Cette histoire, M. André Gide a éprouvé le besoin d'en faire une pièce. Ni le théâtre, ni le sujet n'ont rien gagné dans l'affaire.
La Fronde.
l5o LE ROI CANDAULE
M. Gide né méprise pas les insuccès faciles ; il appartient à celte pléiade d'auteurs qui s'enferment dans la tour d'ivoire^ sous prétexte d'opposition à la tour de Nesles... Quel dommage que tant de talents s'évertuent à n'en montrer point 1...
Je n'insiste pas sur les fables de l'auteur ; mais j'insiste sur le chagrin que j'éprouve à voir des lettrés comme M. André Gide mettre tant de prétention au service de ce qu'ils croient être de l'originalité...
Le Courrier français.
Pièce fumeuse, interminable et incompréhensible... Le four a été complet.
La Patrie^ VÉcho de V Armée.
Sous quelle forme Gygès peut-il bien être l'amant deNyssia, puisqu'il reste invisible? — Tout cela n'est pas clair.
Le National, La Dépêche, Le Monde artiste. Le Petit Troyen.
Cette manière de travestir une légende est enfantine... La manifestation littéraire annoncée se réduit à une pièce bizarre, écrite avec une recherche et une affectation mêlée de trivialité, sans le moindre sel attique.
G. Y., Journal de Rouen.
La nouvelle pièce du Nouveau-Théâtre, le Roi Candauie, est pour moi une énigme que je n'arrive pas à déchiffrer. Le Soleil, La Petite Presse, Le Libéral, Le Constitutionnel, La Cocarde.
Le Roi Candaule est peut-être un chef-d'œuvre, un très grand chef-d'œuvre. Est-ce que je sais? Est-ce que je sais??
...Lisez la préface de M. Gide et écoutez monter votre colère.
... Voici l'œuvre, qui est simple, en effet, comme un chefd'œuvre. 11 est vrai que l'histoire est toute petite ; mais il est vrai aussi qu'on peut mettre autour de cette histoire un
PRÉFACE ' l5l
monde de choses^ de pensées, d^ldces. On peut habiller ce squelette de conceptions philosophiques, économiques et merveilleuses. C'est rarislocratîe qui, etc, ; que, eic; les mystères de la Beauté, c'est-à-dire de l'Harmonie, c'est-à-dire de la science, c'est-à-dire, etc. — C'est encore bien d'autres choses si nous voulons, bien d'autres choses, etc».
Mais telle qu'elle apparaît en son dessin si sec, j'ai à mon tour l'orgueil de dire à l'orgueilleux M. Gide que sa pièce n'est pas un chef-d'œuvre. A ce degré de simplicité un chefd'œuvre n'est qu'intentionnel.
Gaston Leroux, Le Matin,
M. Gide nous dit qu'il a voulu ce faire œuvre d'art, simplement », Mais quelle œuvre dramatique n'a pas cette visée?
Je n'y entends rien.
Henry Fouquier, Le Figaro,
Constamment avec le spectacle j'ai suivi et relu la brochure; je ne pouvais admettre quel'auleur gracieux et personnel des Cahiers d'André Walterî^i réduit à des spéculations si peu significatives. De l'ensemble de la lecture naît une impression d'harmonie et d'ironie philosophique.
Henry Bauer, La Petite République,
... Un peu de grandeur et n>ême une beauté.
Catulle Mendès, Le Journal,
La pièce de M. André Gide n'est pas maladroitement faite et elle est d'un certain agrément de style.
Faguet, Journal des Débats,
Le Roi Candaule m'a intéressé à la lecture et ennuyé à la représentation. La brochure, en effet, permet de suivre une étude originale de sentiment, et laisse à la réflexion le temps de comprendre la pensée subtile de l'auteur. A la scène, la finesse de cette analyse est perdue, car la marche du dialogue
LB nOI CANDAULE
ne permet pas à l'esprit de s'y arrêler, et l'originalité exceptionnelle de la donnée ne parait plus que bizarrerie. Larroumet (i), Le Temps.
Le Roi Candaule. . . ce petit livre subtil et fort, qui interprète si librement les antiques fables du roi lydien et de son berger, n'a pas laissé de me faire réfléchir à de beaux problèmes, quand je l'ai lu dans la solitude et à mon loisir.
M. André Gide a confié, non des symboles, mais des allusions politiques profondes, à ce petit drame de philosophie naturelle. Ohl très discrètement. Mais cette discrétion est loin d'exclure la précision. Etc.
Charles Maurras, Gazette de France.
(i) Je mettrais volontiers à part les deux articles de MM. Larroumet et Faguel, les deux seuls (avec plus tard M. Maurras) qui aient consenti à parler de la pièce sérieusement.