‹ Saül: Le roi CandauleChapitre 77 sur 95 · SCENE I · texte numérisé non relu

SCENE I

Cette musique à présent m'importune.

Cessez! Gygès a vu ce que vous pouviez faire. Toute émotion n'a d'exquis que sa surprise ; Notre joie est pareille à Teau mobile de rivières Qui ne doit sa fraîcheur qu'à sa constante fugacité.

Aux musiciens.

Allez charmer mes invités sur les terrasses.

Excusez-moi près d'eux de ne point leur paraître

ce soir.

Je reste avec Gygès ; Et, si je le rejoins, ce ne sera que tard dans la

nuit.

Allez ! Que votre musique légère

igO LB I\OI CANDAULE

Sache écarter d'eux le sommeil.

Les musiciens se retirent.

Desservez celte table.

Des serviteurs s'empressent.

Laissez ce vin sucré;

Gygès peut-être en boira-t-il encore...

Tends ta coupe, Gygès. — Il vient de Chypre. —

L'aîmes-tû?

Aux serviteurs qui ont dels servi la table.

Apportez-nous bientôt des lampes. — Le soir se

ferme.

Allez!

Les serviteurs sortent. Candaule s'approche de Gygès.

Ami Gygès! ainsi, lorsque la mer était contraire, Tu devais te coucher sans souper.

GYGÈS

Oui, Candaule. Il y a sur tes terres plus d'un

pauvre Qui se couche plus d'un soir sans souper.

J'aurais voulu savoir cela plus tôt.

GYGÈS

Pour quoi faire?

Pour m'en inquiéter, peut-être.

GYGÈS

Pour gâter ton bonheur?...

Mon bonheur eût vaincu la misère, au contraire... Je croyais mon bonheur si grand, si rayonnant

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