ACTE II
Gygès suffisent à indiquer que Gygès ne le voit plus. Dès que Candaule a retiré sa ba^e, Gygès, se jetant à ses pieds, montre qu'il le voit de nouveau .
Ahl Mes yeux!... Le voilà! — Tu disparais et tu reparais comme un dieu, roi Candaule.
Non comme un dieu, Gygès, Mais comme tu vas faire toi-même, Si tu mets cette bague à ton doigt...
Tiens — mets-la. —
Gygès, craintif, regarde la bague, puis ose la passer à son doigt.
Prodige! — Un songe, aux yeiix du dormeur qui
s'éveille.
N'est pas plus prompt à fuir...
Miraculeux anneau, disparu du regard Avec celui que tu fais disparaître.
Protège le bonheur de mon ami Gygès et cache-le! Cache-toi bien, Gygès I... Chut!! — J'entends
Nyssia ! —
Tourné au hasard veri; la place où il avait laissé Gygès, et qui est vide, car Gygès, comme rempli d*eflFroi, s'est reculé.
Ne parais plus, Gygès 1 — Tiens ferme cette bague
à ton doigt I Pas un mot! pas un bruit !
Sois invisible comme Taîr, ô transparence!
Il éteint encore un flambeau. La salle est maintenant peu éclairée.
Est-ce vous, Nyssia?
LE ROI GANDAULE
NYSSIA, du dehors.
... Seigneur? —
Venez-vous?
NYSSIA
Lentement. —
Cette nuit est si belle!... Candaule, venez voir!
Quelle douceur dehors ! —
LE ROI CANDAULE; entendant ces. paroles reste comme tremblant de triste tendresse... G*està part lui, et comme sanglotant, qu'il dit:
Nyssia? mon amour — Nyssia bien-aimée ! — Soutiens-toi! Soutiens-toi, chancelante pensée!... Vite ! du vin! — En reste-t-il encore assez? — Je faiblissais.
II boit, — puis au hasard, dans le vide.
Cache-toi bien! — Je fais une chose insensée...