ACTE II â
LE ROI GANDAULE
Nyssia!...
NYSSIA
Comment Tappelles-tu ? — 'Réponds.
LE ROI GANDAULE
Je ne sais pas.
NYSSIA
Le malheureux I — Ce qu^il a fait était terrible! —
Mais je le plains. —
Oh! comment une femme peut-elle...?
Il a bien fait de la tuer. —
Appartenir à deux... ohl c'est horrible !
LE ROI GANDAULE
Parle donc plus bas, Nyssia.
NYSSIA
Plus bas ? Pourquoi ? —
LE ROI GANDAULE
Ces mots me sont pénibles.
NYSSIA
pardon ! Je ne veux même plus y penser.
Oublions que jamais on put être infidèle. . . Candaule, mon amour.
LE ROI GANDAULE
Nyssia bien-aimée.
NYSSIA, qui achève de s'apprêter pour la nuit.
Je ne peux dénouer cette boucle; défais-là. —
Une rumeur de chants lointains s*est élevée.
Entends-tu ces chants ?
LE ROI GANDAULE
Ce sont mes hôtes qui m'attendent,
Et trouvent que la nuit s'avance;
Je leur avais promis de les revoir ce soir.
NYSSU
Oh 1 si tu les laissais, dis?
LE ROI CANDAULE, qui veut s'éloigner.
Un instant seulement — couche-toi, Nyssia — Je reviens aussitôt... Couche-toi, mon amie... Que tu es belle, Nyssia ! . . .
Nyssia s'est presque complètement dévêtue.
Gygès,malgré lui, regarde et s'est avancé ; on sent qu'il lutte, et voudrait ne pas voir ; au moment où Nyssia va laisser tomber son dernier voile, il s'ëlance vers le flambeau qui reste et le jette à terre ; — obscurité.
GygèsII...
NYSSIA, très effrayée, ramène sur elle rideau de lit ou robe.
Oh ! Qa'y a-t-il?
LE ROI CANDAULE, exalté et grisé par ce qu*il veut faire.
Rien; rien... Rassure-toi
En passant j'ai heurté le flambeau...
Dors. — Dors; je reviens vite.
Nyssia se couche.