SCÈNE III
JONATHAS, SAUL, Gardes.
(On voit Saiil se traîner hors de sa tente avec eiforl , et s'appuyant sur les rochers du has delà montagne.)
JONATHAS , courant a lui.
Mon père!
A ppuyez-vous sur moi, revoyez la lumière, Revoyez Gelboë , les montagnes d'Hermon , Et ce torrent, témoin des défaites d'Ammon, De la profonde nuit sur vous appesantie , Rappelez vers le jour votre âme anéantie.
Ces monts, cet air si doux, ce ciel pur et brillant...:
SAUL. Il vient s'asseoir sur un banc placé du côté de sa tente.
Je l'avais cru voilé d'un nuage sanglant! Vaincu par le iléau dont je subis l'outrage, J'avais cru la nature en proie au même orage. Viens dans mesbras, monfîls! viens consoler mes yeux Du jour qui les afflige et de l'aspect des cieux.
JONATHAS
Quoi ! l'aspect du soleil aigrit votre infortune !
SAUL
C'est l'ouvrage de Dieu, sa splendeur m'importune.
JONATHAS
Le lléau dévorant de vous s'est écarté.
SAUL
Le monstre a disparu, son poison m'est resté. Il m'a laissé mon crime, il m'a laissé ma haine, Et de sa fuite enfin je m'aperçois à peine.
JONATHAS
Vous pourriez triompher de ces noirs chalimens ; Un remords...
SAUL
Des remords! j'aime mieux des tourmens.
Fa je pardonne presqu à des maux si terribles , Parce < ju ils mont rendu les remords impossibles. Si ma raison , mon lils , s'éteignait pour joujou ■ Si limant mes fureurs j'attentais à les joui i