SCÈNE IV
SAUL, MICHOL, JONATHAS; Gardes, Compagnes
DE MlCHOL.
MICHOL , reprenant ses sens par degrés.
Où suis je..? et quelle nuit sur mes yeux répandue
JONATHAS , lui montrant Michol.
Mon père ....!
MICHOL
Rassurez ma tendresse éperdue.
70 SAUL
David..! Mais au supplice on entraîne ses pas;
Aux fêles de l'hymen il trouve le trépas;
Et moi , des mêmes fleurs encore couronnée ,
Moi, seconde victime à l'autel amenée,
Je pourrais... non, Saùl , j'expire à tes genoux.
JONATHAS
Tu t'immoles toi-même en frappant son époux. Combien de tes douleurs la chaîne se prolonge ! Dans quel gouffre de maux ce trépas te replonge ! David meurt, etSaul recommence un tourment Que rendra plus affreux ce bonheur d'un moment : Que dis-je. . .? quel arrêt vient-on de faire entendre? Quel est ce nouveau sang que ta main doit répandre ? D'une soudaine horreur, Saûl, tu te défends....
MICHOL
Mon frère....!
JONATHAS
Si c était le sang de tes enfans, Si le spectre infernal qui de ton sort décide , Egarant ta raison jusques au parricide..!
SAUL
L'arrêt d'Achimclech ne peut m 'épouvanter.
JONATHAS
D'aucun malheur, mon père, est-ce à toi de douter ? 11 faut céder, il faut, avec ton diadème ,
\ nacher fie ton dont l'éternel anathème ;
De l'arrêt du pontife il faut nous affranchit .