ACTE ÏV , SCÈNE V
SAUL Ah ! <|iic prétendez-vous ?
JONATHAN
Te sauver —
MICHOL
Te fléchir , Désarmer la fureur où ton cœur s'abandonne.
SAUL
Oui, je pardonnerai comme le ciel pardonne. Fuyez-moi....
JONATHAS
Non, Saûl, non, je veux te sauve r. Non, de tels chatimens ne peuvent se braver. Oserais-tu, mon père, après ce coup horrible T'asseoir dans notre sang sur ce trône terrible ? Voudrais-tu d'un tel crime effrayer ce séjour. Ah! le prêtre vengeur ne ta donné qu'un jour! Des tourmens éternels un seul jour te sépare , Un seul jour , et de toi l'éternité s'empare , L'éternité vivante, où, par son cœur jugé , Dans des douleurs sans fin le coupable est plongé. Tu sais, tu sais qu'un jour, au lieu même où nous sommes, Un Dieu doit s'immoler pour le salut des hommes. D'avance à ce bienfait ne te dérobe pas ; Laisse une âme de plus à ce divin trépas. Rcpcns-toi , repens-toi. . . ne conduis pas ton crime Jusqu'où n'atteindrait pas le sai»j,r de la victime.
72 SAUL
Et que ce sang terrible et vainqueur de la mort En tombant sur ton cœur y rencontre un remord. Tombe à s s pieds, ma sœur... ; pleure, presse, conjure, Rends Saùl, rends un père aux remords qu'il abjure; Ramène la pitié dans son cœur éperdu...
MICHOL
Mon père ..!
SAUL
Mes enfans...!
JONATHAS
David nous est rendu.
MICHOL
Sur mes tremblantes mains je sens couler tes larmes. Courons...