A MADAME DE CURTON
Paris, 34 juillet 4853.
]Madame^
Si vous pouvez disposer de quelques heures, je vous prie de me le faire savoir prochainement. Je désire vous communiquer un manuscrit qui a de Timportance.
Vous entendrez cette lecture absolument seule. Vous aurez Tobligeance de me répondre à cette adresse :
Victor Hennequin,
Rue de Seine, 53.
l^Q 6 aoèi.
Madame ,
Diea m'a ordonné de vous écrire dans la forme qui vous a étonnée.
Ce que fal à tow 11m m« ime réTélatloii.
Du 47 août.
Madame,
L'œuvre que je vous ai lue ti'est pas destinée à rester inédite. De votre côté, je suis certâiû que voils en nvet patlé d'après Vos impressions sincètés, et qlié vous avez fait comprendre à qui de droit que cet appui, aussi désiiitéressé qu'inattendu, apporté au pouvoir par tiû réprésêntàût, mis eu cellule lé 2 décembre, méritait qu'on respectât ma tranquillité.
Si l'on veut des itenseigcmiieats sur cette publication^ Ton ne peut choisir de juge piuâ sÀr i]ne yoéls à tbuâ égards^ Jd détjfuirais plutôt le manuscrit que d'en deeëpt^r un àvke^ et je dis cela en passant.
car je vous avoue que je suis sans inquiétude de ce côté-là.
Vous seule au monde connaissez le livre dans son entier. Il est donc juste que je vous tienne au courant des incidents qui se rattachent à cette publication.
Il y a chez moi à cet égard un besoin d'expansion d'autant plus grande que la puissance supérieure dont je reçois toutes les instructions nécessaires pour une œuvre d'enseignement d'une utilité générale me refuse toute espèce d'indications sûres quant aux faits d'une importance secondaire^ et dont je ne pourrais tirer que des satisfactions personnelles.
Elle m'a fait écrire à un avoués M. Billault, en lui renvoyant le seul procès dont je fusse chargé, que j'avais rédigé un livre
en collaboration avec rame de la terre;
que ma carrière, comme avocat, était terminée, et que ce manuscrit (c'était samedi dernier) me serait acheté cent mille francs comptants, par un éditeur, dans sept jours.
Elle m'a conduit la main pour que j'ordonnasse à cet avoué de négliger provisoirement son étude pour propager cette nouvelle, de lire ma lettre en pleine chambre des avoués et de la faire insérer dans les journaux.
Je suis un instrument docile, en partie par contrainte invincible, en partie parce que l'évidence et l'utilité pratique des idées contenues dans mon livre me rallient à la cause dont on veut que je sois le représentant.
J'ai donc envoyé à cet avoué des lettres
— XîV —
(jai ûi'âUfaîeût patu en tout auti-è leitips (les folies. J'ignore ce que les jOttrnaux ont accepté où réfusé de ces coiiirtunîtatiôos étranges.
Au surplus, ridée d'un éditeur apportant cent mille francs, à une h^ure qui m'est désignée ainsi que lé faoïil dé ce libraire, est si bien entrée, de gré ou de force, dans mon esprit, que j'ai annoncé à itia sœur ma prochaine rénoncîatioti, dans ce cas, à la succession de ma mère> fet que j'ai indiqué par une lettre, au caissier de la Démôcràlïe, Temploi de (ièt àifgeht, â consacrer pour les neuf dixièmes à i'éxtihôtion des dettes de l'école Phàlattstériènnë, à taquélle je prescris de se dissoudre après cette liquidation.
Je vous donne ce détail pour que vous le fassiez connaître. Cette lettre entière n'a
rie^i dp si^gret. Qn ^oit sf^yçiç çjue j'attends cet^e. sftïi^iBô ^rçe qfle Die\» Ta fi^ée, ^t que je nm\?Mh eq aflçunç faççm, exp^ojtçr ^ mon py^fit çaa sjtuatiojQ exçeptianneUp (}ap|^ le inoA4^.
Vous voyez à quel point je suis engagé.
Si Téditeur et les cent mille francs sont un rêve^ il nae faudra rejeter ceci sur des prestiges magnétiques, détruire comme je le pourrai Fimpression produite partout que j*ai été atteint de fojie, et rentrer dans la carrière, si pénible pour moi, du barreau, avec la certitude de n'i&spirer de con^ fiance à perscmne dans le cours de ms^ vie entière.
Je Ip déçl^Q pi0.urt».9^^ lûfiju esprit m s'arrête pas à ces craintes. J'ai vu des prodiges réels, j'en vois encore en ce nxomept.
Uae âme humaine ne saurait être abusép
sans utilité par Tàme divine^ et ce qui me préserve du découragement^ c'est Tintelligence et la bonté rayonnant dans tout ce qu'on m'a fait écrire^ et surtout dans le second ouvrage^ déjà commencé^ dont tous n'avez aucune connaissance.
Je dois donc soutenir mon àme. Je tiens en main des vérités qui sont vraies^ et le dévouement au sort général de mes frères doit me faire accepter courageusement le côté critique de ma situation. L'abnégation qui m'est imposée^ les souffrances morales auxquelles je dois me résigner ne sont rien à côté des martyres que la barbarie de l'humanité infligeait aux inspirés d'autrefois. Ainsi acceptons tous les calices.
Il m'a été permis de vous écrire ceci.
C'est une grande consolation pour moi. Ne
me répondez pas^ c'est inatiie. Il me suffit d'avoir commaniqué Tétat de mon àme à la vôtre.
Du 24 août.
Madame^
J%i été complètement trompé. Je passer%i pftj>F ïm fou, J'ii éerit p^rtpftt <m'sq éditeur m'apporterait Ijier cent mille francs. C'était une déception. Personne n'est venu, bien que Vâme de la terre m'eût désigné M. Sekkaysaornide étant réditeoFanBûBeé.
Soyçjbeufçusp apt^^ue papi ; ipaftature
êst si bien retrempée que j ai répondu à ce coup affreux par cette prière : ,
An rond. J'ai la Térlté, et Je remerékt Men^ear iBeontMtaMcmcBtJepoaaède ce qid a été éerlt de plva complet et de plaa digne de Dlcn anr l'aTcnlr do
Ololre à Toiia, mon Dlcn, qui avex daigné ni^éclidrerl Ole Taia traTailler aTce ardeur. Ma ndaalon est prouvée pour mol. OTal demandé le martjrre, et Je sula un lâche de me tourmenter si longtempa pour une misère. Acecptex ce cri d^enthouslasme qui Tient du fond de la douleur. Soyez liéni pour la
•elenee ■M^^Mlllqiie qne vowi M'aves coaunnnlqiiée^ et dont Je serai digne quoi qn^ll arrive^ afin de paraître pnr devant wojêb^ qnand ma Tle entière devrait ae passer dans le rldlenle et rignomlnle.
A iVI. VICTOR HENNfeQUIN.
Du 2-1 août.
Monsieur,
Les choses sublimes qHé vous m'avei lues oîU Bn elles-mêmes un tel catacïère de vérité, qu'elles n'ont nullement besoin à fn«s yeux qu'un miracle vienne les confirmer.
3' espérais celui que vous to'aviéz annoncé, sans oser y croire absolutnent. Je ne me le serais point expliqué, s'il eût eu lieu; ie ne cherche pas davantage à comprendre la déception que voiîs éproiivez, et qui ni'à été fort pénible, n^en doutez pas.
Je he crois ni ne nie ce qm dépassa les limitas de mon intelligence»
Moins élevée que vous au-dessus des événements de ce monde^ moins dégagée des calculs de la prudence humaine^ je vous eusse conseillé de ne point écrire à votre avoués qui probablement est fort loin de cet ordre d'idées^ et d'attendre pour en parler la réalisation de la chose annoncée.
Mais cette méfiance eût peut-être été un manque de foi condamnable que vous vous
reprocheriez aujourd'hui.
Vous avez du moins la conscience d'avoir I agi avec loyauté et abnégation devant la puissance surnaturelle qui se communique à vous.
Si c'est une épreuve, vous la supportez saintement^ et^ si le Seigneur veut que vous soyez l'intermédiaire de ses révélations à notre pauvre monde, il ne permettra pas que Ton vous fasse passer pour un fou.
Du reste, votre livre est là pour répoudre à vos détracteurs si vous en aviez, et, pour ceux qui nieront vos révélations, vous resterez toujours un philosophe profond et religieux, et un moraliste pur.
Une chose encore me rassure sur des craintes que j'ai partagées d abord, c'est que tant de phénomènes étranges, quoique fort incohérents, se produisent journellement par le magnétisme, que ce qui eût paru folie en d'autres temps sera aujourd'hui à peine considéré comme une preuve de crédulité un peu trop facile ou d'originalité excentrique.
Ces réflexions doivent vous paraître bien mesquines à vous qui puisez en Dieu même votre courage et votre foi; mais vous m'avez dit qu'il vous avait
été permis dé m'écrire et qttc cétait pour voiis une consolation.
Je vous dis ce que je pense; que ces lignes du moins vous prouvent ma sympathie et vous persuadent que la déception dont vous souffrez n'amoindrit pour moi ni l'œuvre que vous m^avez \ue, ni la mission qui vous est donnée.
RoZÀNÎfE DE CcbTOl*.
A NAPOLÉON Ml.
Sirs,
Jf jj^, me sujs iamaiji ra^é ^ votre gpuvçjTft^mçnt. ^e vous éçr^s ^vec Fespoir gpe vous me lirez jusqu'au bout.
Je ne vous demande ni place ^ ni croix, ni argent, ni faveur d'aucune espèce.
Vous avez entendu parler des tahle^ tournantes. y%i pousaé ce phénonpèae è| ses dernières limites, et le mouvement de
la table s'est changé en voix qui m'a inspiré ou dicté tout un livre.
La voix céleste m'a ordonné d'intituler ce livre : SatOHms le genre humain.
Je vous en parle pour deux motifs.
Le premier^ c'est pour réclamer de vous directement Tautorisation de le publier sans contrôle.
Ce que M. Proudhon a fait pour luimême^ je viens le faire pour Tinspiration de Dieu.
Le second motif de cette missive, c'est
que Dieu a bouleversé toutes mes données j politiques; c'est que mon livre attaque les principes les plus chers à la démocratie, I qu'il soutient la cause du pouvoir en gé- |
néral , malgré les vives répugnances de ma nature^ et que j'ai ordre de vous dire^ à vous personnellement^ que vous avez une mission providentielle.
Ceci n'est pas un ralliement intéressé.
Je le prouve en vous demandant , ce que vous m'accorderez sans peine : permettre Timpression de mon livre et ne plus vous enquérir de moi.
Deux choses vous démontreront que je ne suis pas fou : les phénomènes surnaturels aujourd'hui multipliés de toutes parts^
Et la lecture du livre même.
J'ignore^ Sire^ les formules de la cour^ et je vous prie de m'accorder^ contrairement à tous les usages sans doute, la
— WJ —
pi^i9.i§si^ (^ finip cet^ le^t^d pur n;ion
LE GENEE HUMAIN.