SAVOIE
Afl. Etr., Corr. Turin, Vol. CXIII.
Marly, le 5 noyembre 1703.
Quoique Sa Majesté soit persuadée que le comte de Vernon ne tentera rien au préjudice de la parole qu'il a donnée pour
1. M. de Liboy avait déjà rempli une mission analogue lors de la rupture qui s*était produite en 1690 entre la France et la Savoie. Voir ci-dessus page 163.
M. DE LIBOY, 1703-170i.
lui, pour son fils el pour ses domestiques, de demeurer & Paris autant qu'il plaira <L Sa Majesl*^ et de non sortir que par SOS ordres ; comme elle a su cependant que )c sîcur Phélipeaux. son ambassadeur à Turin, étoit toujours gardé dans sa maisun par ordre du duc de Savoie', que ce Prince avoit fait molln^ h sa porte cent horamps de ses gardes et que tout commerce au dehors étoil intordit non seulement h l'ambassadeur, mais encore à ses domestiques. Sa Majesté ne peut moins faire que de mettre quelqu'un de confiance auprès du comte de Vcmon, ne voulant pas en venir jusqu'au point de lui donner une ^arde comme le sieur Phélipeaux en a une à Turin. Elle vcul que le sieur de Lyboy, qu'elle a choisi pour demeurer auprès de l'ambassadeur de Savoie, demeure avec lui dans sa maison, que, sans paroîln> le contraindre , il observe exactement co (|nt se passera et qu'il s'informe de ceux qui pourroient venir le voir.
Le comte de Vernon a promis qu'il ne recevroil el qu'il ne rendroit aucune lettre. S'il en usoit autrement, le sieur de Lyboy informeroit aussili^t Sa Majestt^.
S'il sort de su maison, soil pour aller à la messe ou ailleurs, le sieur de Lyboy doit aussi sortir avec lui dans son carossê et ne le point abandonner.
Pendant qu'il sera chez lui, il ne le verra qu'aux beurM qu'il jugera le plus à propos et sans le contraindre.
Il ne le contraindra point non plus sur les lettres qu'il voudra (écrire ou qu'il pourra recevoir, et, s'il voit qu'il ait quelqut commerce fréquent, il en avertira.
Le comte de Vernon a renouvelé encore, depuis qu'il a su que le roi mettott le sieur de Lyboy auprès de lui, la parole qu'il avoit donnée pour lui, pour sun fils el pour ses domefitiqucs, de ne pas sortir de Paris sans la permission de Sa Majesté.
Fût AHuI;, la 5 noTembre tTU.
1. il. Pbjllpeaui n* mnlri en Frmce iiu'api4s «ept mob de captivilé^ Cf. Ui- RWttv eontmani ir* intriguri teeriltt rt maletriationt du duc de Savoit a»te itt rtgueurt qu'il a nrrcirÈ enoert M. dt Philiptaur, ambaasadtur de Frûnct aiprta tfa fil) d Turin. AS. Etr.. Corr. Turin, Vol, CXIV. Voir tawi Mémoirtt du cwm/v dt Tfiif, L, 11. p. H el mil.