ENVOYÉ EXTRAORDINAIRE CHARGÉ D^UNE MISSION
Presque en même temps que le comte de Gambis arrivait comme ambassadeur à Turin, le marquis de la Bastîe* se rendait à Florence comme Envoyé extraordinaire du Roi. La Cour de Versailles voulut mettre à profit le séjour passager de cet agent à la Cour de Piémont pour présenter à Victor-Amédée des ouvertures en vue d*une alliance avec la France.
Par une lettre en date du 24 avril 1725, Morville avisa, dans les termes suivants, le comte de Cambis de cette mission : « M. le marte quis de la Bastie part dans le cours de cette semaine, mais comme ce il doit passer à Avignon, il y a beaucoup d^apparence que vous ne « le verrez à Turin que dans trois semaines. Il a ordre de se faire <c présenter par vous au roi de Sardaigne. Je vous remets la copie f< de Tarticle de son instruction qui concerne Taudience, qu'il aura cr de ce Prince. Il m*a paru qu*ii était de vos amis, et vous êtes tous c< deux habiles et zélés pour le succès des désirs du Roi. Aussi, il c< n*est pas besoin de vous exhorter à bien concerter ensemble les <v discours qu*il tiendra en cette occasion. »
1. Pierre-Balthasar de Foagasse, marquis de la Bastie, seigneur d'Entrechaux, EnToyé extraordinaire du Roi près le Grand-Duc de Toscane en 1725, fils de Jean de Fougasse, seigneur de la Bastie, syndic de la noblesse du comtat Venaissin en 1669 et de Perrette Isabeau de Seytres. Il épousa Anne-Thérèse de Brancas, sœur de TarcheTéque d'Aix. Cf. Bib. Nat. Cab. des Titres. Mns. Dos. Bl. vol. 278.
MtHOlBE POUR BERVItt D 'INSTRUCTION AU SIEUR MARQUIS DE BASTIE ALLANT A FLORENCE EN QUALITÉ d'kNVOTÊ tXTKAORDDIâl DU ROI AUPRÈS DU GRAND-DUC.
Aff. Élr. CotT. Totio. roi. CXLIll, fol. 81. M Corr, PloreoM, ml. LXIX, fol. i
VerMiUe». le 31 >Thl 1735.
(Eitrail pour Turin . )
Il prendra son chemin par Turin. Il se fera pn^senleri
Roi de Sardaîgne par le comte de Cambis et il dira à ce Pril que le Roi, profitant de toutes, les occasions de lui renouvell les assurances de son amitié, lui a ordonné très-expressénM de passer à sa cour pour lui donner de sa part les tdm gnages les plus sincères des sentiments qu'il conservera tfl jours pour lui. Le Roi de Sardaigne répondra vruisemld blement à ce discours par des assurances récïproqaes I ceux qu'il a pour Sa Majesté ; sur quoi le marquis de la Bajl pourra répliquer qu'il en rendra un fidèle compte au Roi| que cela lui sera d'autant plus agréable que Sa Majesté | désire rien davantage que d'entretenir la plus parfait? un avec le roi de Sardaigne et d'en resserrer les nœuds enol plus particulièrement. Cette insinuation doit suffire, le marm de la Bastie n'y doit rien ajouter. Il n'en faut pas davaattj au Roi de Sardaigne pour lui faire sentir les dispositions du I à son égard et pour le mettre en état de s'expliquer danÉ suite s'il le jugeoit conforme à ses intérêts. .]
Il y a grande apparence que le Roi de Sardaigne fera tond insensiblement la conversation sur les suites du ressentiM et du chagrin du Roi et de la Reine d'Espagne. Alors il faqi que le marquis de la Bastie lui parle dans le même sens qaj comte de Cambis a eu jusqu'à présent ordre de le faire, ai| lui sera aisé de prendre cet esprit dans les entretiens qu'il ml auparavant avec cet ambassadeur. Le marquis de la Bastie ss^ de ce dernier qu'il a été chargé de faire entendre au Roi ( Sardaigne que le Boi étoit déterminé (quelle que puisse è(