‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 182 sur 223 · LE MARQUIS DE SAINT-NECTAIRE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DE SAINT-NECTAIRE

AMBASSADEUR

Le comte de Vaulgrenant ayant été rappelé au mois d^avril 1734 pour aller occuper Tambassade de Madrid, le marquis de Saint-Nectaire', maréchal des camps et armées du Roi, fut désigné pour le remplacer à Turin. A son départ, il ne reçut pas d^instructions proprement dites. On lui communiqua pour en tenir lieu les dépêches de la Cour et celles du comte de Vaulgrenant, son prédesseur, depuis le 3 janvier 1733 ju8(][u'au 10 mai 1734'.

Au moment où M. de Saint-Nectaire fut nommé ambassadeur à Turin, la guerre de la succession de Pologne divisait TEurope, et la Haute-Italie était Tun des principaux théâtres des hostilités. Depuis six mois, la Cour de France négociait péniblement Taccession du Roi d'Espagne au traité d'alliance signé entre la France et la Sardaigne, le 26 septembre 1733. Sa Majesté Catholique avait demandé pour prix de son accession Mantoue et le Mantouan. Le Roi de Sardaigne soutenait qu*il ne pouvait accepter cette condition.

1. Jean-Charles marquis de Saint-Nectaire ou Senecterre, né en 1685, lieutenant an régiment des dragons de Senecterre en 1703, brigadier en 1719, maréchal de camp le 20 férrier 1734, ambassadeur à Turin en arril de la même année, lieutenant général le 18 octobre soiTant, cheralier des ordres le 2 février 1745, maréchal de France le 24 férrier 1757, mort en 1771. — Cf. Chronologie Militaire de Pinard, t. m, p. 392.

2. Cf. Relation de rambassade de M, le marquis de Senecterre auprès du roi de Sardaigne, par le sieur de Saint- Rémy, son secrétaire d'ambassade. Affaires Etrangères, Fonds diTers. Hémoires et Documents, Sardaigne, toI. Xin, foL 6.

376 LE MARQUIS DE SAINT-NECTAIRE, 173i-l74S.

Le marquis de Sain l-Nec taire arriva à Turin le i3 Juin l*Bi, au moment où les Impériaux menaçaient d'envahir le Parmesan. En dehors des instruclions verbales qui lui avaient élè données avant son dépari, deux lettres de Chauvelin, en date des 33 juin etOJuillcl, lui apportèrent les dernières directions du ministre des Affaires Étrangères,

Par la première de ces lettres, Chauvelin prescrivait & M. de Sainl- Nectaire de s'inspirer du précédent de Phëlipeaux en 1700, pour , régler son attitude et les questions de cérémonial avec les commandants d'armées.Gt le Roi de Sardaigne qu'il devait accompagner partout pendant la campagne. Le ministre invilait, en même temps, le nouvel ambassadeur à communiquer au Roi Charles-Emmanuel certaines suggestions de la Hollande et de l'Angleterre, qoi avaient offert leur médiation entre les belligérants.

Dans la deuxième de ces lettres, Chauvelin développe les raisons que M. de Saint- Nectaire pourra faire valoir dans Tinlérél de la S»zdaigne pour provoquer un accord entre cette Cour el cello d'Espagne sur les bases du traité de Turin. Il invite H. de Saint- Nectaire às'efforcer | de dissiper les préventions du Roi de Sardaigne contre la Reine d'Eiîpagne et l'Infant Don Carlos, et recommande de nouveau k l'ambassadeur d'éviter tout conDit de préséance avec les muréchaux de Coigny et de Brnglie. Charles-Emmanuel ayant, d'après les nouvelli;s reçues à la Cour de France, l'intention de prendre prochainement le titre de duc de Milan, le marquis de Saint-Nectaire devait en outre, le porter à réfléchir sur l'inopportunité d'une semblable décision.

Voici le texte des deux lettres du ministre :

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