I. DE CBAOVKUN AU HABOQIB DB
Aff. Élr, Corr. Torio, toI. CLXVIII, fol, 13.
/e vous envoie la relation , arec la copie fidèle des lettres mêmes,
snr ce qui s'est passé avec M. de Phélipeaux-
Vous y verrez d'ailleurs U manière dont le Roi souhaite que vous ]
en nsiei pour, sans aucune affectation et comme de vous-même, sans parler ] m#me sur vos facilités de l'exemple de U. de Phëlipeaux, m pu former d'embarras sur votre rang avec MM. les maréchaux de France, et le droit J une fois établi, ne pas vous en servir dans toutes les occasions. Il est d'autant plus important que vous en usiei ainsi au plus lAt, qur cela donnera |
NÉGOaATIONS AVEC L'ANGLETERRE ET LA HOLLANDE. 377
le ton à M. de Sada >, ambassadeur d'Espagne, que Ton me mande avoir reçu ordre de se rendre auprès du roi de Sardaigne.
Je joins ici un mémoire que M. de Fénelon • a recouvré, contenant les représentations de M. dX'hIfeld ' aux Étals Généraux. Je vous adresse aussi la résolution qu'ils ont remise à M. de Fénelon, et la relation de ce qu'il a jugé de lui-même devoir faire. Ni nous ni lui ne pouvions nous attendre qu'il seroit invité, sans en être averti, à une conférence avec les miliistres anglais.
Depuis, Mylord Walgrave * et M. Vanhoey * ont présenté ici la substance de cette résolution, mais sans être encore entrés en matière. Nous Favons reçu et n avons répondu autre chose, sinon que nous nous concerterions avec nos alliés. Ils ne tarderont pas vraisemblablement à demander au nom de leurs maîtres une réponse. Communiquez tout ce que je vous adresse et tout ce que je vous marque à M. d'Orméa et même au roi d« Sardaigne personnellement. Assurez bien que nous ne ferons qu'écouter ce que les ambassadeurs d'Angleterre et de Hollande nous diront; qu'ensuite nous en transmettrons Qdèlement la connoissance au roi de Sardaigne, et que nous ne ferons aucune réponse que de concert avec nos alliés. Cependant, demandez que Ton vous mette en état de nous informer de ce que le Roi de Sardaigne pense roi t sur cette réponse à faire, tant pour la forme que pour le fond. La cour de Turin ne peut manquer de reconnoitre par là que nous sommes persuadés que l'intérêt, la gloire et le succès de notre alliance dépendent du concert le plus parfait, et que, selon ce principe invariable pour nous, le Roi de Sardaigne éprouvera de notre part, eu toutes choses et en toutes occasions, une fidélité et une exactitude entière.
M. de Yaulgrenant m'a parlé de ce qui regarde la place oiï vous pourriez être, un jour d'action, en qualité de maréchal de camp. Il ne paroit pas douteux que vous ne deviez rester auprès du Roi de Sardaigne. C'est l'intention du Roi. Vous verrez que c'est l'esprit et le principe de ce que le Roi avoit décidé pour M. Phélipeaux, en voulant qu'il se contentât de prendre jour une seule fois. Vous ne pouvez trop vous conformer à ce qui fût décidé pour lors, et surtout à traiter les choses de manière que MM. de Coigny * et de Broglie ^ n'aient que lieu de se louer de vos
i. Don Manuel de Sada, lieatenant général des armées du roi d'Espagne, fut chargé de négociations avec le roi de Sardaigne et, pendant l'occupation espagnole, conunanda tout le duché de*SaYoie • en lo politico y militar ». • D. Manuel « de Sada es todo fconra, y aunque mejor para Embajador en Cérte conocida, na « dejarà de elevar à los enemigos una columna con mucho acier to, empenandola « en la accion como ninguno. - Cf. Don Cenon de ^emodevilla marqués de la Ensenada. Ensayo biografico,parM. Kodriguez Villa, Madrid, 1878, p. 405, 458,473,488.
2. Gabriel- Jacques de Salignac, marquis de Fénelon, plénipotentiaire français au congrès de Soissons en 1728, ambassadeur en Hollande, lieutenant général des années du roi, conseiller d'Etat d*épée, gouverneur du Quesnoy.
3. Corfitz-Antoine comte dX^efeld (1699-1760], ministre d'Autriche à Turin en 1728, à la Haye en 1733, ambassadeur à Constantinople en 1739, ministre des Affaires Etrangères à Vienne de 1742 à 1753.
4. Jacques, comte de Waldegrave, ambassadeur d'Angleterre à Paris en 1730.