‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 203 sur 223 · POURPARLERS SECRETS AVEC LE ROI DE SARDAIGNE · texte numérisé non relu

POURPARLERS SECRETS AVEC LE ROI DE SARDAIGNE

« comme de vaines déclamations, tout cequ*on leur alléguoroit « sur le prétexte des projets de la maison de Bourbon, s'IIh « voyoient que, dans la plus grande prospérité, elle s'occupoit « à faire du bien et à faire rendre justice aux plus petits Fatals « qui sont ses alliés.

c( Attendu les avantages que la France se trouvoit avoir pour (( lors et les agrandissements qu'elle se proposoit de procurer au (c roi de Sardaigne, il fut donc jugé convenable de demandera « la Cour de Turin que non seulement elle remit au Koi lu « vallée de Gheserie, mais aussi que les sujets du Roi fussent « traités à l'avenir dans les États du Roi de Sardaigne par rapc( port au commerce, comme la nation la plus favorisée ; que c< les griefs qui peuvent avoir été commis dans la démarcation (c des limites de Provence et de Daupbiné fussent redrcifsés, et « enfin, que Ton convint d'un arrangement pour terminer len ce contestations qui s'élèvent souvent entre le roi de Sardaigne « et MM. de Genève.

« Telles étoient les instructions du sieur de Cliampi^aux a pour le fonds des matières sur lesquelles il devoit ImiUtr « quant à la forme, il luiétoit prescrit en* général défaire Uml « ce qui pourroit avancer l'opération, et d'évifirr zvet: grand « soin de se laisser amuser. On lui enjoignoit trâ^ particulière- « ment de ménager avec attention les ^nràé dus i U diirnité «« du Roi. et aux circonstances où se trouvoit Sa Majei^, et <« de faire sentir qu'il y auroit de l'indi^^nee que le HUA àtt « Sardaigne prétendit disputer pied i pied le U:rniu, avee uu « grand roi victorieux qui otiroii toute sa pubah^at^ k on « prince dépossédé de ses États, pour loi en ffriMPiii*^ U tr^îi^ « tntîon et pour l'agraDdir. Mais la hauteur de ee pn^ÀAf, « devoit être Usm^rf^ foir keau^>up de d^uafjbJkiniUf/Uk 4^, « bonté et d'amitié. Si la Cour de Turin deuttaiM&'^t ^n^m « ralentît les ko^tiJjté^^ il devoit fair^ eoteodre t:hàfru^^ « qn*on n'aurait fos eetle eonplai%a&^e. et *\nh l'iiâ^iââi^M 4m « Boi éloît fne la tÈ^'MMiifjm fut v>utesitte par le% vp^fat^jstf « ndljtaire§.

« Outre <9» im?Araf,iMju^, le Heur dk ^J*:iJirj^:)£«x fvl cuvju « d'un fikin p>uToir 'fui ViUÊUjrwÀi a tnûler et i ^>.«se«iir

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0 des moyens pour rétablir la parfaite intelligence entre le Roi " et le Roi de Sardaigne, et ce, relativement aux projeta dont X il avoit déjà été donné connoissance à la Cour de Turin, par » la voie du sieur de Montgardin. »

Cliampeaux partit le S décembre 1145, et arriva le 30 à Tarin ofe il observa le plus strict iacognilo. 11 eut en secret plusieurs courereaces avec le roi de Sardaigne et le marquis de Gorzègue, miDistre dea AITaires (étrangères ptémontais. Au bout de quelques Jours, l'aiicord s'établit et, le 26 décembre, le projet de partage de l'Italie fut sigûé sous la forme de préliminaires secrets par les plénipotentiaires des deux souverains. Aussitôt après, Ctiampeaux quitta Turin.

Cependant, il impartait d'autant plus de conclure définitivement l'accord accepté en principe, que les hésitations de la Cour de Madrid pouvaient bientôt tout remettre en suspens. D'autre part, ou savait que le roi de Prusse négociait avec Harie-TMrëse, el que, débarrassée d'uD de ses plus redoutables adversaires, la reine de Hongrie allait peut-être se trouver bienldt en mesure, en renforçant les armées autrichiennes en Italie, de faire revenir Charles- Emmanuel sarsea engagements.

M. de Champeaux rentré à la Cour reçut l'ordre de repartir immédiatement pour Turin. Voici le texte des instructions qui lui furent données à l'occasion de cette nouvelle mission, dont le succès ne répondit pas d'ailleurs aux aspérances qu'avait conçues d'Argeoson.

inSTRDCTIOK POUR LE 8IGDR UE CHAMPEACX, HgSinCNT DE L* FART DU BOl PRÈS LA VILLE ET RÉPCRLIQUE DE GENÈVE, ALLANT PAH ORDIli: DE SA MAJESTÉ ET EM QUALITÉ DE SON MINISTRE PLËNIPOTENTUIU AUPRÈS DU ROI DE SARDAIGNE.

Aff. Èlr. Corr. Tarin, «ol. CC XIV. fol. M.

VcniiUea, IS juiTierlTM.

Le sieur de Champeaux sentira parfailemcnt l'imporlance et la délicatesse de la commission dont le Boi daigne l'honorer. La façon sage et prudente dont il s'est déj& couduit dans

PMJET DB imAITE ATBC LE MM DE SâlDAlGXE. 99§

le pranier Topi^ qvll a frit à Tuia, a détemiiié Sa Maîesié à Ty envoyer une seconde ftûs pour t perleclîouier U négociatûm qv*il a henraiseaieiit entuiife. tant mvtc le ixm de Sardaigne qv'arec les mÎAÎstre^ de œ prince.

Sa Maîesté ne iKWTOît donner an sienr de ClMnqpeanx une marqne pins dîstî^née de la b(mne opinion qnVUe a de ses talents et de son zèle.

n seroit inntile de £ûre {Jkserrer an sienr de Oumpeanx combioi il est essentiel, ponr le snooès de sa mission, qu'elle soit renfermée dans le pins grand secr^ et qn'il praine, dans sa ronte ponr se rendre à Tnrin« les précautions les fius scmpulenses ponr cacher sa marche et ponr que son voyage ne soit connu de personne. Il aura la même attention, pour être absolument ignoré à Turin^ excepté du roi de Saidaigne et de ses ministres.

Le premier soin du seur de Qiampeaux, dès qu'O sera arrivé dans cette capitale, sera de déclarer qull lui est expressément ordonné, et sons peine de désobéissance, de ne demeurer que vingt-quatre heures à Turin^ si le roi de Sardaigne ne se détomine point, pendant cet intervalle, à signer les articles préliminaires d<»it le sieur de Qiampeaux lui présentera le proj^ tout dressé, déjà signé de lui.

n n'est point à présumer que la Cour de Turin fisse à cet ^ard ancune difficulté, puisque ce projet est conforme an mémoire que le marquis de Gorsègne* a déjà signé, par ordre et de Ta^robation du Roi son maître.

Cepoidant, il ne seroit pas impossible qu>n ne formant aucune objection sur les principaux points du traité, la Cour de Turin wi^gf^t sur quelques formalités ou changements légers dans certains articles, et qu'eUe proposât de commoH cer par mettre en exécution Tarmistice.

Hais le sienr de Champeaux est trop éclairé et trop instruit des intenticAs de Sa Majesté, pour donner dans un piège aussi

1. Don Léopold dd CaiTeao sazqnis de Gonègne, pcstîlbgaake de H da m r^iW»B »— %»w«^ p^mw^-^pttJt <u* Sûnto Maorioe el La^re, Tordre de FAjUKfiifdjde. proBcr 9iaéiMizt d'eu! des iCiires étimsifères àm. r»; de Sardaigoe de 17*^ k ÎZ^.

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grossier et d'une conséquence aussi dangereuse. II sVn Ucodi donc invarinblemcnt à la d^-claration particulière qui aura étf signije de sa pari, en même temps que la suspension d'armes, cl suivant laquelle l'armistice ne devra avoir lieu, qu'aulonl que les préliminaires auront également été approuvés < acceptés do pari et d'autre. II déclarera même que, dans ca dernier cas, les hostilités ne cesseront publiquement, qu'aprèf qu'on aura reçu la réponse du roi d'Espagne à la lettre que St' Majesté lui a écrite pour lui notifier la conclusion des préliminaires cl lui demander son accession.

Le Roi donnera cependant des ordres au maréchal de Maille* bois, ahn que ce général use, en attendant l'acquiesccmeal < riîspagne, de Ions les ménagements convenables Ô l'égaré dus pays et des troupes du roi de Snrdaigne.

Si ce prince, fidèle & sa parole, consent, comme on a toul lieu de le croire, à la signature générale et absolue des préltr minaires tels qu'ils auront déjà été signés au nom du Roi, sieur de Champeaux fera sur-le-champ partir un exprés pou/ porter & Sa Majesté le traité signé par les plénipotentiaires d roi de Sardaigne, et H attendra à Turin les nouveaux ordrei qu'il plaira à Sa Majesté de lui envoyer. Mais, jusqu'à leoT réception, il continuera de garder l'incognito le plus exact.

Si, au contraire et contre toute vraisemblance, le roi da Sardaigne refuse ou dilTère de signer les articles préliminaires/ le sieur de Champeaux repartira sans le moindre délai potS revenir en France, après avoir déclaré que la négociation est absolument rompue, et que le Roi. trompé dans ses espérances, redoublera de zMc et d'elTorts pour soutenir, plus efficac^menl que jamais, les intérêts de l'Espagne et de ses autres alliés G Italie.

Le sieur de Champeaux ne doit pas laisser ignorer que, du le CBS où la Cour de Madrid ne voudroït point adhérer B traité qui auroil été conclu entre le Roi et te roi de Sardaigne, Sa Majesté se détermineroit à rappeler sur-le-charop Franco, l'armée que commande le maréchal de Maillebois,. Mais cette assurance ne devra être donnée que de bouche seulement et nullement par écrit.

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