‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 202 sur 223 · PROJETS DE D'ARGENSON CONCERNANT L'ITALIE · texte numérisé non relu

PROJETS DE D'ARGENSON CONCERNANT L'ITALIE

t Pour rendre l'exécution de ces projets plus facile, Tinlention du î étoU qu'on proposât aux Véaitiens d'y entrer, etque, pour les r y déterminer, on leur cédât la ville de Mantoue et toute la portion < du Hantouan qui est à la rîve*gauche du FA et Ae l'Oglio.

n 3" Il devoit demander qu'on portât dans cette négociation, autant ;• de célérité que de secret, et ne devoit laisser aucune espérance e les négociations ralentissent les bostilîtës. ■

A la suite des conférences de M. de Champeaux avec M. de Monlgardin, des mémoires furent échangés sur les mêmes bases entre les cours de Versailles et de Turin. Tout en paraissant apprécier les lignes générales du plan de d'Argenson, Charles- Emmanuel ne dis- «mola pas la répugnance qu'il éprouverait à abandonner Alexandrie, Nice et VilJefranche.

Les choses en étaient t&, lorsque le Roi se décida & envoyer M. de Champeâux incognito à Turin. Celui-ci partit sous un déguisement et portant le nom de l'abbé Roussel. Voici le sens des instructions ', qui lui furent donnci^s à l'occasion de ce voyage :

« L'iDieDtioD de Sa Majesté éLoit qu'il fit de nouvelles inv ' tances pour porter le Roi de Satxlaigae à accepter le partage ' de l'Italie que Sa Majesté avoit d'abord déterminé. Et, s'il I étoit impossible d'y amener lu Cour de Turin, il devoit pror poser les dernières résolutions de Sa Majesté. On copiera

< ici les ordres que le Roi écrivit de sa main à ce sujet : Qu'il I ne demeure que quatre Jours à Turin, après quoi toute la i négociation serait rompue. Si l'on n'accepte pas le premier ' projet, voilà celui qu'on y peut suppléer:

«■Au roi de Sardaigne, tout le Milanais qui est à la rice gauche

• du Pô, et la droite Jusqu'à la Scrivia. A tinfant. toute la

• rive droite depuis la Scnvta jusques et compris FÉtat de I Parme, le Crémonois [le fort de Géra dAdda rasé), et lapar- ' tie du Uantouan qui est entre tOglio et le PS. Celle par ' delà à la République de Venise, et ce qui est à la rive droite du

• Pâ au duc de Modène avec féventualité du duché de Guas-

< laUe.

M. DE CHAMPEAUX, I74b-I716.

» Ei aux Génois la prittcipaulé (TOneitle avec Final et le chA~ u teatt de Serra-Valle.

•• A ces ordres du Roi qui n'avoient d'autre objet que le pa^ " tage de l'Italie, M. le marquis d*Argenson ajouta quelques « ioBtrucltous particulières.

« Le sieur de Champcaux devoil donner une explicalioa >' détaillée des projets du Roi par rapport à l'Italie. D'ailleurs « la France avoît depuis longtemps plusieurs choses à deman- '> der & la Cour de Turin: l'occasion parut propre pour les (c obtenir, on crut devoir en profiter.

..... " Le Roi avoit intérêt & so faire céder la vallée do i< Cheserie dans le Bugey.

« On avoit donné aussi avis à la Cour que, depuis la paii •I d'Ulrecht, le commerce des François avoît beaucoup dimi- '< nué en Piémont et que celui des Anglois y étoit beaucoup " augmenté. On avoit représenté aussi en différents temps " que, dans la dernière démarcation des limites du Dauphiné " et du Piémont, il s'étoit commis quelques erreurs préjudi- <i ciables au service du Roi.

" Enfin, les contestations continuelles qu'il y a entre le roi 11 de Sardaigne et les Genevois au sujet de leur droit, surquel- [< ques terres situéesdansIevoisînagedeGenève, dunnoïent sou- <• vent lieu à des discussions dans lesquelles le Roi est obligé X d'entrer comme prolecteur de la République de Genève, et M en vertu des traités que la Fi-ance a avec les Genevois et U « Suisse. On Ht attention pour lois que la part que la Franc» « étoit obligée de prendre dans ces contestations mettoit du Il refroidissement et quelquefois de l'aigreur entre les Cours " de France et de Turin, et on crut que, non seulement oa ■' assureroit davantage la bonne intelligence entre les deux " Cours, en terminant ces dilTércnds par un arrangement déG- « oitîf, mais aussi qu'en marquant, dans l'occasion présente, '■ de la protection et de la bonne volonté pour la République <• de Genève, on en tireroit cet avantage qu'on aiïoibliroil les " insinuations que les ennemis de la France fcroient en Suisse « et chez les Puissances protestantes, à l'occasion du partage " de l'Italie, et que ces Princes seroicnttrès portés à regarder

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