‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 205 sur 223 · Flassan, Y, p · texte numérisé non relu

Flassan, Y, p

vu

que le 3 mi bonno fia s

s à Rivoli près de Turin. 11 étail Irop tard pour mener h mission. Croyant la cour de Madrid toujours décidée i repousser les stipulnlions du traité, pressé eo outre par une arOK^e de trente mille Autrichiens qui venait d'entrer eu Lombardie, Cbarles- Emmanuel rompit l'armistice, et se joignit aux Ailemaoda pour chasser les Franco-Espagnols d'Asti et dégager Alexandrie. Le voyage du comte de Hailtebois se trouvait dès lors sans objet.

• La négociation de Turin, quoique non couronnée de succès, est UD fuit diplomatique qui honore la sagacité de H. d'Argenson. Elle avorta, non par sa faute, nipar défaut de précautions, mais par un concours de circonstances étrangères, et surtout par les attentioDS qu'on voulut avoir pour l'Espagne, qu'il eût falla entraîner avec violence, au lieu de la consulter avec mollesse. Il est des momenls oil les ménagements envers un allié sont funestes. Quelquefois an le sert en ne l'écoutant pas, et les expressions de la reconnaissance ne tardent pas & succéder à l'humeur occasionnée par les brusqueries.

< Le plan de la Cour de Versailles était en lui-même beau et magnanime. Donner & la belle Italie une assiette fixe, et en lier les parties éparses par une fédération générale qui la rendit indépendante des lois et de l'influence de l'étranger, était une conception vaste et d'autant plus estimable qu'elle était désintéressée. Les moyens d'exécution ne furent pas toutefois proportionnés au plan. Il oAt fallu que la France eût en Italie, & sa disposition, des troupes à la fois capables d'en imposer aux Espagnols, en les formant d'accepter l'armistice, et capables surtout de s'opposer i l'irruption subite des Autrichiens; car ce furent ceux-ci principalement qui renversèrent le plan concerté entre Versailles et Turin, et obligèrent le roi de Sardaigne à revenir à ses premiers engagements. Toutefois, la rupture qu'il fit des préliminaires de Turin ne penl lui être imputée comme un manque de bonne foi. Ce n'était qu'on acte provisoire, qui devait recevoir son complément de l'armistice et de l'adhésion de la Cour de Madrid; or, l'armistice fut concla trop tard et l'adhésion de l'Espagne ne vint point. Aussi le roi de Sardaigne fut légitimement dégagé ; et on ne peut lui imputer lu manque d'exécution d'une mesure qui eût eu d'importants effets pour le repos futur de l'Italie, et môme pour celui de l'Europe'. > Les instructions suivantes furent données k cette occasion au comte de Haillebois. D'Argenson était alors ministre des Affaires Étrangères.

Page 1