RUPTURE DES NEGOCIATIONS AVEC LE ROI DE SABDAIGNE
^OIRE POUR SERVIR D INSTRCCTIOR AD SIEDR COMTE DE MAILLEBOIS, PHEUIER NAITRE DE U GARDE-ROBE DU ROI. HABÊCHAL DE SES CAUPS ET ARMÉES, INSPECTEUR GÉNÉRAL DE SON LtPANTERIE, TORm EN QDALITÉ DE UIMISTHE PI^NIPOTEKTIAIRE DD It ACPRÈS DU ROI DE SARDAIGNE.
Aff. Elr. Corr. Turio, roi. CCXIV, fol. 576.
VersuUes, le 19 lérrieT ITiO.
Le Roi ayant résolu de se prêter aux désirs du roi de Sardaigne, pour rétablir, de concert avec ce Prince, la paix en Italie, sur des fondements solides et équitables, Sa Majesttï a conclu avec lui. dans cett« vue, un traité d'armistice, en conséquence d'une convention préliminaire, signée à Turin le 26 du mois de décembre dernier, et dans l'espérance que cette convention seroit incessamment suivie d'un traité délïnittf d'amitié et d'altiance entre Sa Majesté, Sa Majesté Catholique et le roi de Sardaigne. Il ne s'agit donc plus aujourd'hui que de perfectionner l'ouvrage de cette réconciliation et de concerter, le plus promptement et le plus efficacement qu'il sera possible, les mesures nécessaires pour parvenir au but ultérieur que les puissances contractantes se proposent.
Tel est l'objet de la négociation dont le Roi confie le soin au comte de Maillebois. Sa Majesté s'est d'autant plus volontiers déterminée à fixer son choix sur lui pour cette importante mission, qu'elle connoit sa prudence, sa fidélité et ses taleots ; ne doutant point qu'il ne lui donne, en cette occasion, de nouvelles preuves de son zèle et de sa capacité, et qn'il ne remplisse parfaitement les intentions de Sa Majesté.
Le comte de Maillebois est déjà instruit de tout ce qui a précédé le traité d'armistice, qu'il a signé au nom du Roi, le II de ce mois. Mais, afin qu'il soii encore plus esactemcot informé de tontes les circonstances relatives à la Dégociation dont il est chargé. Sa Majesté lui fera remettre avec cette instruction des copies des principales pièces dont la connoîs-
406 LE COMTE DE HAILLEBOIS. l?ifl.
sauce pourra lai fitre utile, et surtout d'un projet de traîti! définitif dres&f' par la Cour de Turin ', mais qui renferme plusieurs articles qui exigent des changemenls ou des modi-
[ ficatioDs. C'est sur quoi il est nécessaire d'entrer ici en quelque détail, pour diriger le comte de Maillebois dans ses conférences, tant avec le roi de Sardaigne qu'avec ses ministres.
11 y 3 d'abord une observation générale à faire snr ce projet, dans lequel l'Espagne est toujours comprise comme partie contractante. Quoique le Roi ait lieu d'espérer que Leun Majestés Catholiques se détermineront enfin à concourir à ses vues, cependant on ne doit pas se Datter qu'elles veuillent
Ld'abord prendre une part directe à la négociation, et il est aisé de prévoir les inconvénients et les longueurs auxquels on s'exposeroit, si on voulait faire dépendre la conclusion du traité, du consentement de l'Espagne. Il suffit que le Roi se fasse fort d'obtenir dans la suite l'accession de Leurs Majestés Catholiques; et rien ne sera plus propre à les déterminer que de leur représenter «n ouvrage déjà consommé et qui n'est plus susceptible de contradiction ou de changement.
Il s'ensuit de ce qu'on vient de dire, qu'il faudra rectifier le projet fourni par la Cour de Turin, tant dans le préambule que dans les articles, ofi l'Espagne est citée comme partie principale.
Il y a encore une réOexion à faire sur la tournure qu'on a donnée à Turin au préambule du traité. On y représente le Roi, comme ayant fait les premières démarches, pour parvenir à une réconciliation avec le roi de Sardaigne. Et, comme c'est un reproche que l'Esjiagne fait déjà à la France, il sera nécessaire de ménager ce point de délicatesse et de dresser l'inlroduclion aux articles du traité, de façon à faire juger que le Roi et le roi de Sardaigne ont été animés d'un égal désir de rétablir entre Leurs Majestés une prompte et parfaite intelligence, et de concilier, en m^me temps, les prétentions des