‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 23 sur 223 · Joseph de Maistre, par M. G. Cogordan, p · texte numérisé non relu

Joseph de Maistre, par M. G. Cogordan, p

RSCUEIL DBS INSTR. DIPLOtf. XIV. — 1

AMBASSADEUR

Enoemond Servien * remplissait depuis plusieurs années les fonctions dintendant de justice, police et finances à Tarmée française en Piémont, et, depuis le rappel de d'Aiguebonne , en décembre 1645, échangeait avec la cour une correspondance diplomatique suivie, lorsqu'il fut nommé ambassadeur du roi à Turin, au mois de novembre 1648. Il était ainsi renseigné sur les lignes générales de la politique française à Tégard des Princes de Savoie, qui étaient alors les suivantes : maintenir la Savoie étroitement alliée à la France, déjouer les intrigues espagnoles qui pouvaient avoir pour but de rompre cette union; aplanir les différends entre Madame Royale et le jeune duc d'une part, et les princes Thomas et Maurice de Tautre, réconciliés par suite d'arrangements diplomatiques, mais qu'on savait toujours aigris par le souvenir de leurs anciennes divisions.

Au ndoment où Servien prit possession de ses fonctions, on se contenta de lui envoyer des instructions portant sur un objet spécial et qui Tautorisaient à annoncer à la cour de Turin la prochaine restitution des places de Trin, Suse, Veillane et Cavour encore occupées

1. Enoemond Servien, seigneur de Cessai et do la Balmo, fils d'Antoine Servien «tde Diane BaiUi. Il fut pourvu en 1023 de la charge de trésorier en Dauphiné, pois de celle de président de la Chambre des comptes de Grenoble en 1628, et fut ooznmé en 1632 avec son frère Abel Servien et le président d'Expiliy, commissaire poar régler les limites du Dauphiné et de la Savoie. Commissaire général des guerres et contrôleur des fortifications de Pignerol en 1633, il devint conseiller d'Etat en 1630, garde des sceaux, président au conseil souverain de Pignerol, intendant de justice au delà des monts en 16&5, puis ambassadeur en Savoie de 10&8 à 1076. Il mourut en 1679, âgé de quatre-vingt-trois ans.

i LE PRÉSIDENT SERVIEN, 1648-1676.

par les troupes françaises. En abandonnant ces gages, Mazarin donnait un témoignage de la bienveillance du roi envers le jeune duc Charles-Emmanuel qui venait d'atteindre sa majorité (juin 1648). Coïncidant avec la nomination d'un ambassadeur à Turin, après une vacance de près de trois ans, cette concession indiquait en outre qu'il y avait lieu de considérer comme aplani, par suite de la signature du traité de Munster, le différend relatif à Pignerol qui, pendant plusieurs années, venait de diviser les deux cours.

Les instructions suivantes furent envoyées à Servien, Mazarin étant premier ministre, et Henri-Auguste de Loménie-Brienne, secrétaire d'Etat des Affaires Étrangères.

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