M. DU PLESSIS-BESANÇON
EN MISSION TEMPORAIRE
Mazarin vient de rentrer à la cour. Son premier soin est de tâcher de réparer au dehors les échecs que quatre années d'impuissance ont fait subir à la politique française. En Italie, nos pertes ont été considérables : Tfle d'Elbe, les présides de Toscane, le Crémonais. Le duc de Modène, naguère encore notre allié, s*est vu dans la nécessité de chercher ailleurs ses propres sûretés. De connivence avec les Espagnols, le duc de Mantoue nous a chassés de Casai, que, depuis vingt <uis, nous occupions comme un poste avancé contre le Milanais.
Du Plessis-Besançon ' était un agent délié et actif, que Chéruel, dans son introduction aux lettres de Mazarin, cite parmi c les hommes d'un mérite éminent » qui s'associèrent à Tœuvre du cardinal. Pendant les années 1646, 1647 et 1648, il avait été chargé par Mazarin de changer dans un sens favorable à nos vues l'orientation politique des cours italiennes. Soit comme négociateur, soit comme officier, il
^' Bernard de Besançon seigneur da Plessis (1600-1670), fils de Charles de Besanî^t gentilhomme de la chambre de M"* Catherine de France, sœur de Henri IV ^ de Madeleine Horric de la Courade ; maréchal de bataille en 1630, aide- Bitjor aux gardes en 1631, gonvemeur d*Aaxonne en 1644, maréchal de camp en Jj^, lieutenant général en 1653, ambassadeur à Venise de 1655 à 1658. Du Plessisp^çon remplit en outre un grand nombre de missions diplomatiques en Cata- "P»e en 1640 et 1645, auprès du corps des Weymariens en 1643, en Lorraine en ^^ et 1649, en Italie de 1645 à 1658. Il a laissé des Mémoires que nous avons édités en 1892, dans la collection de la Société de l'Histoire de France. Voir égale- ^^i le Recueil des Instructions aux ambassadeurs à Naples et Parme, par ^- Joseph Reinach, p. 3 ; et trois articles dans la Revue d'Histoire Diplomatique ^«8 mois de janyier, ayril et juillet 1895.
se M. DU PLESSIS-BESANÇON, 16»8.
avait parcouru en tous sens le pays. Les princes et les hommes d'Etat de la Lombardie le connaissaient. Et voici en quels termes s'exprimait sur son compte l'ambassadeur de Venise à Paris, Sagredo : c E huomo maturo, non violente, versato negli affari, e che intende c più che mediocremente gFinteressi e i genii dei Prencipi d'Italia ; c creatura del Cardinale e uno de più habili e de più capaci huomini < che tenghi la Francia per simile funtione ^ >
En 1653 et en 165S, du Plessis-Besançon fut renvoyé en Italie pour renouer partout les fils rompus par suite de notre longue inaction.
Les instructions suivantes lui furent données pour cette mission qui avait pour objectif d'abord la cour de Turin, puis tchis les autres Etats de la Haute-Italie. On trouve des détails sur ces négociations dans les Mémoires de du Plessis-Besançon.
Au mois de janvier 1653, Mazarin était premier ministre et Henri- Auguste de Loménie-Brienne secrétaire d'Etat pour les Affaires Étrangères.