GUERRE CONTRE LES HOLLANDAIS. S
d'içir eo cela si sincèrement qu'ils profitant île tout le soin que Si MajesK- a voulu prendre de prt!vei)ir des inconvénients auxquels ils dooneroient aulrcmenl l'oocasion.
Le duc de Savoie n'aluni tout au plus que quelques barques àti mer et son port de Villefranche n'ayant servi qu'h autoriser les commissions qui se sont données eu divers temps aux jtrugera qui les prenoiont pour aller en cours, il y a toute t|i[iari>Dce que, professant au point qu'il fait de vouloir plaire en lonles choses à Sa Majesté, il s'accommodera à une demande îi juste, et que, n'ayant point de vaisseaux, il promettra aisément (le ne point prêter son nom à ceux des Hollandois. Aussi le sieur de Gaumont, ne lui en faisant la proposition, lui en parlera de manière qu'il connoisse que Sa Majesté n'est pas entrée dans le moindre soupçon qu'il voulût favoriser le commerce de ses ennemis, tant elle est persuadée de son affection pour ses intérêts. Il l'assurera en mCme temps de l'amitié conilante de Sa Majesté, et lui en fera passer comme une nurque, ainsi qu'il est dit dans le commencement de celle instraclion, la part qu'elle lui fait donner de la guerre qu'elle SïstïTie obligée d'entreprendre.
Comme il ne faut point douter que ce Prince ne le ques- UanDD sur {es sentiments de Sa Majesté touchant les espagnols Ji cette heure que, sous le prétexte de la liberté qui leur «n pst acquise par le traité des Pyrénées, ils secourent ses ennemis, il se contentera de répondre que les conseils de Sa Majesté s'accorderont toujours avec la justice et avec la prudence; qo'elle se contentera d'ob-server quelle sera la conduite ^ l'Espagne à son égard, et que, cependant, qu'elle s'avance •■Il personne et avec ses principales forces contre les Hollan- •lois, elle laisse le maréchal de Créquy ' à la IMe de quarante mille hommes en Flandres. II n'entrera qu'on ces mOmes t«niM généraux dans les vues que l'on tâcheroit peut-ttre de Ini donner des facilités qui se trouvcroient h rompre avec l'EsjlUgiic en Italie, et nourrira seulement les bonnes intentions
l'mnçoii, marquis de Créqui, lieutenanl ginim! des srmiîes du roi e i*bil d«i g&Ières en 1661, marcchid Je France en UM. mort le 4 liiriei
qu'il trouvera apparemment dans ce duc par les assurances les plus expresses de Tamitié de Sa Majesté pour lui.
Ledit sieur de Gaumont communiquera non seulement son instruction en ce point au sieur de Servien, ambassadeur de Sa Majesté auprès dudit sieur duc de Savoie, mais se conduira encore dans sa négociation selon les avis et la lumière dudit •sieur ambassadeur, que Sa Majesté charge aussi en particulier du soin de cette affaire et par lequel Sa Majesté désire que ledit sieur de Gaumont soit mené et présenté à Taudience dudit sieur duc.
Après s'être acquitté de sa commission à Turin, ledit sieui de Gaumont se mettra en état de Texécuter à Gennes. Mais, comme Sa Majesté est moins satisfaite de la conduite de cette République et, qu'en quelque cas que ce soit, elle désire d'être assurée contre les collusions qui y seroient plus i craindre qu'en un autre lieu en faveur des Hollandois, ledil sieur de Gaumont s'y expliquera avec plus de fermeté sur h sûreté que Sa Majesté souhaite. Il témoignera que Sa Majesté veut bien laisser la liberté entière aux vaisseaux de ladite République, mais il déclarera en même temps que les navires de guerre de Sa Majesté et ceux de ses sujets armés en cours visiteront les vaisseaux génois et examineront s'ils appartiennent en effet à la République ou s'ils ne sont point Hollandois sous de fausses lettres de bourgeoisie ou de naturalité ou de fausses commissions. En cette sorte, après avoir bien fait connoître l'intention de Sa Majesté, ou il mettra ladite république dans son tort si elle y contrevient, ou il la réduira è ne pouvoir favoriser indirectement le commerce des Hollandois.
Ayant exécuté en cette sorte les ordres de Sa Majesté, il passera à Florence. Il s'y conduira auprès du grand-duc en la même manière qu'il aura fait à Turin, lui portera les mêmes assurances de l'amitié de Sa Majesté, et lui parlera de la môme sorte sur les mêmes sujets. Il lui représentera de même le soin que Sa Majesté veut avoir d'assurer la liberté entière de ses vaisseaux et combien elle se promet que ce Prince apportera les ordres nécessaires pour empêcher qu'ils puissent