‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 55 sur 223 · CÉRÉMONIAL A LA COUR DE TURIN · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIAL A LA COUR DE TURIN

de Carignan^ qu il assure Tune de la bienveillance et Tautre de la bonne volonté de Sa Majesté.

n n est point nécessaire de prescrire ici au sieur comte d'Awa. la conduite qu'il aura à suivre dans toutes les cérémonies, parce qu'il se conformera à ce qui lui en sera dit par le àeur de Servien, ambassadeur de Sa Majesté en cette cour, et se réglera suivant la manière qui y est établie à son égard.

n saura seulement que, bien que les chevaliers de l'ordre du Duc de Savoie, qui viennent prendre les ambassadeurs pour les conduire à l'audience, eussent prétendu autrefois que les ambassadeurs du Roi leur donneroient la main chez eux, et que sur cette prétention, le sieur archevêque d'Embrun ne vit ni le Duc ni la Duchesse de Savoie, ils y ont renoncé depuis, lors du passage du sieur archevêque de Toulouse S ambassadeur de Sa Majesté à Venise, et en usèrent de même avec le sieur de I Saint-André

Fût à Saint-Germain-en-Laye, le 20 ayril 1672.

1. Pierre de Bonzi, alors évéque de Béziers et ambassadeur du roi à Venise, «'toirrété en 1662 à Turin. (Voir ci-dessos p. 35.) Il ayait été promu depuis cette époque i l'irchevéché de Toulouse.

EN MISSION TEMPORAIRE

^îins le courant de Tannée 1669, des difflcuflés de confins se sont élevées entre la Savoie et la Républiqiie de Gènes. Au mois de "^^^einbre de la même année, Charles-Emmanuel manifesta le ^^sirque Louis XIV acceptât le rôle de médiateur. Le Roi y ayant ^5>o senti, Tabbé Servien S fils de l'ambassadeur à Turin, fut chargé "^He mission de conciliation et se rendit en 1670 sur les lieux mêmes ^^ s'était produit le conflit. Toute cette année et la suivante se pas- ^'^nt en pourparlers sans qu'une solution fût acceptée par les deux P^tis. La querelle s'envenima au contraire, et Ton apprit tout à coup *J* printemps de 1672 que des rencontres à main armée venaient ^^Voir lieu sur les limites du Piémont et de l'État de Gênes *.

L'attention et les forces du Roi étaient alors retenues par la campagne de Hollande. Il importait de prévenir une nouvelle guerre à ^^utre extrémité de nos frontières. Le sieur de Gaumont qui venait "^ s'employer à Turin et à Gênes pour créer des entraves au com- ^^rce maritime des Hollandais, fut chargé d'agir auprès des deux ^^ts en vue d'aplanir ce différend.

L.^ instructions suivantes lui furent données pourcette mission. On ^ ^ ci-dessus (p. 11) les directions adressées presque au même

* ' Hugues-Hombert Serrien, abbé de Cruas et de Lioncel, prieur de Croisy.

*' Cf. Histoire de Louvois par Camille Rousset, t. III, ch. ii. — Storia délia ^Plornazia délia corte di Savoia^ par Domenico Carutti, t. III, ch. m, et Mémoires wwrqftiw de Pomponne, 1. 1, p. 63 et suiyantes.

bscuhl dss instr. diplom. xrv. — 5

moment au Président Servien, ambassadeur à Turin, et qui lui enjoignaient de menacer Charles-Emmanuel d'une rupture des relations diplomatiques, s'il s'obstinait à repousser la solution jugée équitable par Louis XTV.

Pomponne était alors ministre des Affaires Étrangères.

MÉMOIRE POUR SERVIR d'iNSTRUCTION AU SIEUR DE GAUMONT, GENTIL- HOMME ORDINAIRE DE LA MAISON DU ROI, ENVOTÉ PAR SA MAJESTÉ VERS LE DUC DE SAVOIE ET LA RÉPUBLIQUE DE GÈNES.

Aff. Étr. Corr. Gênes, t. XIII. fol. 114.

Saint-Oermain, 17 août 1672.

Le Roi a été informé [tant] par la part que le sieur duc de Savoie lui en a fait donner par le marquis de Saint-Maurice S son ambassadeur auprès de Sa Majesté, que par l'envoyé extraordinaire qui lui a été dépôché par la République de Gennes du différend qui s'est excité à l'occasion de quelques limites entre ce Prince et cette République, qui auroit été appuyé de part et d'autre par la prise des armes, et auroit donné lieu à quelques hostilités entre ces deux puissances voisines. Sa Majesté dont les soins s'étendent toujours à procurer le bien et le repos de ses alliés, a été bien aise d'employer son autorité et son entremise pour étouffer dans leur naissance ces sujets de division capables, si ils n'éloient arrêtés, de troubler dans la suite la tranquillité de l'Italie. C'est pourquoi, après que, par son amitié particulière pour ledit sieur duc de Savoie, elle a bien voulu recevoir les intérêts de ce Prince qui lui a fait offrir de les remettre entre ses mains, et que, d'un autre côté, elle a agréé la prière qui lui a été faite par la République de Gennes de vouloir employer son autorité pour finir cette que-

1 . Thomas- François Chabod, marquis de Saint-Maurice, ambassadeur du duc de Sayoie à Paris de 1667 à 1673, grand maître de TartiHerie, grand écuyer de la cour de Savoie, ministre d*État et chevalier de TAnnondade.

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