‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 56 sur 223 · DIFFÉREND ENTRE LE DUC DE SAVOIE ET GENES · texte numérisé non relu

DIFFÉREND ENTRE LE DUC DE SAVOIE ET GENES

relte, Sa Majcsti^, pour Iruvailler uvcc succès il leur accommodement, a jetd tl'aiitant pluâ l(>3 yeux sur le sieur de Gaumont, geuliMiomme oi-dinuîre de sa maison, qu'outre l'expi^rience qu'elle a fait de sa capacité dans les emplois dont elle l'a cidevaol honortî, il s'est acquis plusde coanoissaace des iolérfïts fies deux parties dans le voyage qu'il a fait depuis peu de mois à Turin et à Gennes par ordre de Sa Majestf^, — — Ledit sieur de Gaumont apprendra par la présente instruc- ■■bm que, sur quelques disputes qui étoient entre les hubitauts ^Mb Bezzo, sujets de la susdite République, et ceux dp Cenova «ujels dudît sieur duc de Savoie, pour leurs limites, les preniitïrs ayant procédé par la voie de fait et enlevé quelques besliuux sur le (erritoii-e des autres, ledit sieur Duc se voyant "1*1 îjfÈ de donner sa protection aux habitants de Cenova, entra, sv-^c des troupes dans l'Ëlat de Gennes, et se saisit du lieu de '* Pierre. Ce Prince eut soin de faire publier en même temps 'l*»*", ne s'étanl emparé dudit lieu de la Pierre que pour faii'c ''^odre justice à ses sujets, il semil pr^t d'en retirer ses '•"«^npes toutes les fois que la République voudroit convier des '''^«teurs de l'Université de Boulogne pour terminer leur diiîé- ^|J^«id ; mais cette proposition d'accommodement n'ayant pas été ^^l^ceplée au milieu de la prise des armes. Sa Majesté bien ^H^k 'occupée alors de la guerre et de ses conquêtes en tlollande, l'^^'il soin de donner une nouvelle marque de son affection à ^* . de Savoie, en lui faisant proposer par le sieur de Servien, *^^ii ambassadeur auprès de lui, de s'entremettre de l'accommo- '^^iment toutes les fois qu'il le croiroit de son intérêt.

Ce Prince reçut avec la reconnoissance qu'il devoit ses offres

(* obligeantes, et Sa Majesté prit dès loi-a la résolution d'inter- Nwcr «on autorité pour arrêter le cours de celte affaire ; mais ||uilques petits combats qui se sont passés depuis entre les Ifoapes de Savoie et celles de Gennes ayant augmenté l'aigreur ^|tti étoit déjii dans les esprits, Sa Majesté, pour en arrêter le «ours, a fait témoigner h. l'ambassadeur du duc de Savoie auprès d'elle, qu'elle se chargeoit volontiers des intérêts dudit iluc pour les accommoder, et a fait déclarer aux Envoyés de Gennes qu'elle désiroil que la République retirât au plus t&l

ses troupes du Piémont, comme Sa Majesté se promettoit que le duc de Savoie retireroit les siennes du Gennovesat. Sa Majesté y a fait ajouter de plus que si, contre ce qu'elle faisoit paroître de son intention, les galères de Gennes tentoient quelque chose sur les terres qui appartiennent audit sieur duc de Savoie sur la côte de la mer, particulièrement sur Oneglia, Elle cnvoyoit ordre aux commandants de ses galères et de ses vaisseaux, d'employer la force ouverte contre les galères et les vaisseaux de ladite République.

C'est dans le même sens auquel Sa Majesté s'est expliquée aux ministres de Savoie et de Gennes, que Sa Majesté désire que le sieur de Gaumont parle en son nom au duc de Savoie et à la République.

Lorsqu'il sera arrivé à Turin où il se rendra avec le plus de diligence qu'il lui sera possible, et remettra au sieur de Servien, ambassadeur de Sa Majesté, la lettre que Sadite Majesté lui écrit, et, lui ayant communiqué son instruction, il ira avec lui à l'audience du duc de Savoie.

Après avoir rendu à ce Prince la lettre de créance dont il est chargé, il lui témoignera que Sa Majesté, entrant avec son affection accoutumée dans tout ce qui le touche, s'est portée d autant plus volontiers à interposer son autorité et son entremise, pour terminer le différend qu'il a avec la République de Gennes, qu'elle a appris, non-seulement par le sieur de Servien, son ambassadeur, mais encore par le susdit sieur marquis de Saint-Maurice, qu'il désiroit que Sa Majesté voulût se charger de ses intérôls. Le sieur de Gaumont prendra cette occasion de lui faire connoître qu'il ne les peut remettre en des mains qui lui soient plus affectionnées, et dont il doive se promettre une interposition plus puissante et plus assurée.

Il lui dira ensuite que Sa Majesté jugeant de l'avantage dudit sieur duc autant que du bien général de l'Italie, d'assoupir de bonne heure une querelle qui, de si foibles commencements, pourroit devenir considérable dans les suites, lui a donné ordre de passer incessamment à Gennes après qu'il aura offert et établi à Turin la médiation de Sa Majesté. Qu'il doit témoigner à la République le môme désir de

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