LA DUCHESSE DE SAVOIE
comle de Saint-Maurice ' de la perie qu'elle a faite de
dae de Savoie, Sa Majestj^, pour témoigner i cette prin-
combico elle prend de part à sa douleur et combien elle
«si loucha de la mort d'un prince qui lui i^taîl doublement
BBi par la proximité cl par les alliances, a bien voulu lui dép^-
onc personne de qualité pour lui porter ces assurances,
pour ce sujet fait choix du sieur marquis d'Arcy.
L'iolcnlîoQ de Sa Majesté est qu'il se rende en poste à Turin
et qu'il aille descendre chez le sieur de Servien, ambassadeur
oHioairv de Sa Majeslii eo cette cour. II fera aussitôt aprts,
donner part de son arrivée au maître des ct^nîmonies, et fera
par lui demander l'audience de M*" ta duchesse de Savoie et
celle de M. le duc son fils, auquel il sera accompagné par ledit
mur ambassadeur.
Comme M. le duc do Savoie est encore dans l'enfance, il y a iliparencc qu'il le verra seulement auprès de Madame sa m^^e ; mais, pour le voir avec elle, ou pour le voir séparéniunl, il se i^glera sur l'usage qu'il trouvera établi en cette cour. II rcmptlra & Madame de Savoie la lettre de Sa Majesté dont il est rhai^, eiraccompagncrado toutes les expressions qui pou rroni 'iii marquer davantage l'alTection de Sa Majesté. Il lui témoifmem que sa considération partieuli6re, autant que l'amitié lue ii> roi avait pour M. le duc de Savoie l'ont seusiblomeut ""Uché dans ce malheur. 11 pourra y ajouter encore que Sa "yosté .ipprcnd avec plaisir que son application et sa capacité
Ifur le gouvernement des états de M. le duc son fils, réparent ^Porfe qu'il vient de faire de M. le duC son p?re, et il finira P l'assurant que Sa Majesté aura toujours pour ce jeune prince P seatimonls d'amttîé qu'elle lui a demandés par sa lettre. ^S'il est conduit h une audience de M. le duc de Savoie, îl se PMenlera de lui donner, conformément à son âge et en peu F «aots, des assurances de l'amitié de Su Majesté. P Ledit sieur marquis d'Arcy sera encore chargé d'une lettre
.■ Chirlua-Christin Chabod, < ™01-M»urice, pr«nisr èeujcP »*"«inin uthsrs de k garde c
mu de Saint- Mk once, (lis niné du marquis du :e U ducheaae d« SsToie, liaulenont des gcnUls- 1680, colonel du réj^enl de SaTOie; il iiiuunil
76 LE MARQUIS D'ARCT, 1675.
de Sa Majesté poor la princesse Louise, tante dodit sienr duc, qui a écrit à Sa Majesté, et prendra une audience de cette princesse pour la lui rendre.
Il pourra voir aussi M. le prince de Carignan et lui témoigner les marnes sentiments de la bonté de Sa Majesté pour lui et la part qu elle a prise en l'affliction conunune de toute cette maison.
Après qu'il se sera acquitté de cette sorte des ordres de Sa Majesté, il pourra régler son séjour à Turin, selon le besoin qu*il aura de s'y reposer après un long vojrage. Mab, dans les quinze jours ou trois semaines qu'il pourra y demeurer, il s*appliquera à connaître particulièrement l'état de cette cour, quelles sont les qualités et les inclinations de madame la duchesse de Savoie, et de quelle manière elle réussit au maniement des affaires. Il verra aussi quels sont les ministres qui y ont plus de crédit, et de quelle manière ils agissent dans cette nouvelle forme de gouvernement.
Par tous les avis qui viennent de Turin, le sieur marquis de Saint-Maurice parait y avoir une grande part. Sa Majesté le verrait avec d'autant plus de satisfaction qu'elle a été plus satisfaite de sa conduite dans le long temps qu'il a été ambassacicur de feu M. le duc de Savoie auprès d'elle, et qu'il a paru porté davantage pour tout ce qui pourrait contribuer aux intérêts de la France et à Tunion de son maître avec Sa Majesté. Le roi s'assure qu'il aura conservé les mêmes intentions, et c'est pour ce sujet que Sa Majesté désire que ledit sieur marquis d'Arcy rassure de la continuation de la bienveillance particulière de Sa Majesté.
Le sieur président de Trucchi * a eu la première part aux affaires, tant que M. le duc de Savoie a vécu. Sa considération semble être diminuée depuis la mort de ce prince ; le sieur marquis d'Arcy prendra soin toutefois de lui faire paroîlre dans les occasions des sentiments favorables de Sa Majesté pour lui.
Il en usera de môme à l'égard de don Gabriel de Savoie*, qui
1. Jean-Baptiste Trucchi, baron de Levaldigi, président de la cour des^comptea du duc de Savoie, administra les finances ducales en qualité de ministre d'État.
2. Don Gabriel de Savoie, marquis de Rive, fils naturel du duc Charles- Emmanuel et de Marguerite de Roussillon, marquise de Rive. U fut maréchal
«si aujourd'hui du conseil de la r^cncc, ot dans le temps qu'il passera dans cette cour, il s'appliquera autant qu'il sera en lui, è rcconsaitre les dispositions des esprits et i't y nourrir des jentimonts Tavorablespour la France, pour en rendre compte à Sa Majesté à son retour.
Le sieur marquis d'Arcy a reçu ordre,avaiitBond<^part,par Sa Majcsli! môme, de parler à Madame Royale en faveur du sieur marquis de Livourne'. Il est pleinement instruit de son affaire, DOD sealemcnl par les entretiens qu'il a eus avec lui, mais ïncori! par les mémoires qu'il en a reçus. Il prendra occasion J'enLrcr sur ce discours dans quoique audience qu'il aura de <xHv princesse, apr^s la première qu'il aura eue de cérémonie. Il lui témoignera qu'il a un ordre exprès du roi de lui faire connaître combien Sa Majesté aura agréable qu'elle prenne à sa n'commandation des sentiments de clémence ou de justice, pour ieilit sieur marquis de Livourne. Il doit être prépariî à y trouver quelque répugnance ou vraie ou apparente dans l'esprit de cette pKacessi- qui alTeclcra sans doute de vouloir se tenir exactement aux dernières volontés do fevi M. le duc de Savoie. Mais, «ns se rendre ù ce pi-emier ^loignomenl qu'elle lui fera pïToiln-, il pourra hii témoigner que Sa Majesté se seroil ntfme promis que ce prince auroit été touché des mêmes i^nices de Su Majesté, si elle les avait employés pour une iHairt où ledit sieur marquis de Livourne n'avoit pas été cnleuilii. Enfin, il parlera de telle sorte & celte princesse, qu'il fdiodru toujours la considération de la clémence et de la jua- '>(». au plaisir qu'elle aura sans doute à donner cette affaire à I iuilrcmise de Sa Majesté, Mais il sera encore plus partîculièrel'anl instruit des moyens pour y réussir et par ledit sîeur "Urqui.* Je Livourne même, et par le concert qu'il pourra prendre sur ce sujet avec le sieur marquis de Pianesse, et
ï**»! doa cwapï et amuSe» da roi da Prunco, général de ta caTulcrie el infunlerie "•Sitoi», Uenlenjuit gdnérai on Piémont el moural en 1095,
'' Chiriïi-Smmuiuol-Phîlibort ds Simianfi, marqub do Liroume, nis do Cbarles- ^•Wi-Biniist*. m^rqni* de Pinncisso ot de Jennne d'Arliorio-OnltiiiHr» ; il fut JH")!* w camp d'infanterie el do caialerie en Savoie el ctiatalier de l'Annonciade. mariage aVoc Haris-Hippolylo Grîinaldi, il était beau-lVera do Louis Ori- Cinco de Munaco, duc de Valontïnois, pair de France.
78 LE MARQUIS D*ARCY, i67ft.
devra même faire connoître Testime que le roi a toujours eue pour le mérite du père et celle qu'il a conçue pour le fils.
Il donnera part au sieur Servien de tout ce qu'il fera en cette affaire, afin que, de son côté, il puisse contribuer à y disposer Madame la duchesse de Savoie.
Le roi renouvelle les ordres qu'il a ci-devant donnés audit sieur Servien son ambassadeur, de parler en faveur du sieur évèque de Grenoble', pour lui obtenir, dans la partie de son diocèse qui s'étend en Savoie, le libre usage de son autorité, et telle que les évêqucs de Savoie l'exercent dans quelques terres dépendantes de leurs diocèses dans le royaume. Bien que le sieur marquis d'Arcy ne doive point descendre dans le détail de cette affaire, il fera néanmoins connoître dans l'occasion à Madame Royale, la considération qu'a Sa Majesté pour le mérite dudit évoque de Grenoble, et combien elle verra avec plaisir qu'elle lui accorde une prière si juste.
Fait à VersaiUes, le 10 août 1675.
1. Etienne le Camus (1622-1707), nommé éTèque de Grenoble en 1671.