MÉDIATION DE LA FRANCE
leni pas Oncglia contre la connoissance qu'ils auront des justes inlcoUoDS de Sa Majestt5.
Comme il n'est pas vriiiseniblnliic que ledit sieur de Gaumont Irouvo de IVloigncmeni dans l'une ou dans l'autre des parties, pour finir un différend de nulle importance dans le fond, et qui pourroit tout pour leur Cire dommageable dans la suite, on doit attendre que la suspension d'armes suivra la première réquisition qu'il en aura faite au nom de Sa Majesté. il demandera, lorsqu'il l'aura oblenuc, que pour ôter tout sujet de querelle à l'avenir, le duc de Savoie et la République Iravaillent h terminer dan^ le fond ce sujet de dispute entre los terres voisines qui l'ont fait naître.
Il s'emploiera pour ce sujet à faire qu'il soil nommé des Commissaires de part et d'autre, et assistera comme médiateur <ie Sa Majesté aux conférences qui serpnt tenues pour ce sujet. L'affaire, qui est en soi de peu d'importance, peut (trc terlinée par un traité en deux mani^^es. L'une, en l'instruisant fond et en la décidant suivant le droit, ou en faveur des ■"njels du sieur duc de Savoie, ou en faveur de ceux de la [publique de Gennes. L'autre, en riîlablissunt seulement par raité, ce que la prise des anncs a altéré dans la bonne S otelligencc et en remettant la décision du fond au jugement «Je quelques arbitres dont on conviendroit.
Le premier de ces moyens parolt plus long et plus difficile, ;^arce- qu'il faut entrer proprement dans la discussion d'un I "^rocf-s.
^^^K Lfi second est plus court et s'accommode davantage à l'inten- ^^^V^on du duc de Savoie qui croiroit sortir de cette affaire avec ^^^B fias d'bonneur, si, comme il l'avoit proposé d'abord, le juge- ^^^H ment en étoit remis aux docteurs de la faculté de Bologne. ^^^1 Sa Majesté, étant bien aise de lui procurer cette satisfaction, ^^^B désire que le sieur de Gaumont travaille à faire conclure le ^^^B traité en cette sorte. Si toutefois, il y Irouvoil trop d'opposi- ^^H^ lion, elle trouve bon qu'il dispose les commissaires de Savoie i terminer l'affaire à fond et k ôter tout sujet aux troubles qui en pourroient renoilrc à l'avenir. Il observera dans toute ta. conduite, de tenir l'égalité que Sa Majesté, comme arbitre
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et médiatrice, désire qu'il soit gardé entre les parties avec cette distinction toutefois, que dans les choses qui ne seront pas d'une justice étroite, il fasse voir au duc de Savoie quelle est toujours l'affection de Sa Majesté pour lui, et laisse remarquer aux Gennois que Sa Majesté a sujet de n'être pas satisfaite de la manière dont ils agissent à son égard.
Ledit sieur de Gaumont aura soin d'avertir exactement le Roi de tout ce qui se passera dans cette affaire, afin qu'il puisse, selon les occurrences, recevoir de nouveaux ordres et de nouvelles instructions de Sa Majesté.
Bien qu'il soit dit ci-dessus que le sieur de Gaumont commencera par s'employer à faire cesser les actes d'hostilité, et à faire retirer les troupes de Savoie de l'Etat de Gennes et celles de Gennes du Piémont, si toutefois, y ayant eu quelques places occupées par les deux parties dans les terres de l'un et de l'autre, le sieur duc de Savoie aimoit autant retenir celles qui seroient en sa possession jusques à la conclusion de la paix, consentant réciproquement que les Gennois retinssent celles qu'ils auroient occupées dans son pays. Sa Majesté trouve bon qu'en cela le sieur de Gaumont s'accorde au désir des parties, faisant cependant cesser tous actes d'hostilité.
Que s'il se trouvoit que le sieur duc de Savoie fût seul en possession de quelque place dans le pays ennemi, ledit sieur de Gaumont s'emploieroii autant qu"il seroit en lui pour faire qu'il la retint jusques à la conclusion du traité. Mais, si il voyoit que l'opposition des Gennois y fût telle, qu'elle pût empocher raccommodement, il portera alors le sieur duc de Savoie à retirer ses troupes, plutôt que d'en faire un obstacle invincible pour la paix.
Fait à Saint-Germain, le 17 août 1672.
EN MISSION TEMPORAIRE
Le marquis d'Arcy * va porter à la duchesse de Savoie les compli-
œenls de condoléance de la cour de France à Toccasion de la mort du
duc Charles-Emmanuel (12 juin 1675). Il est chargé d'assurer celte
princesse de Taffection particulière du Roi, de la flatter en la félici-
*wl sur la manière dont elle remplit ses fonctions de Régente et de
loi promettre, au nom de Louis XIV, une grande sollicitude en ce qui
concerne l'avenir du jeune duc.
l^'Arcy ne passera que quinze jours ou trois semaines à Turin.
Pendant ce temps, il doit s'efforcer de gagner à la France, par ses
*^ns procédés, les principaux conseillers de la Régente, et notam-
'ûenlle marquis de Saint-Maurice, le président de Trucchi, et Don
Gabriel de Savoie. Il parlera à la duchesse en faveur de Tévôque de
"fenoblc et lâchera d'obtenir que ce prélat puisse exercer désormais
"brement son autorité dans la partie de son diocèse située en Savoie.
'• René Martel, marquis d*Arcy, fils do François, comte de la Fontaine-Martel *j| Normandie et d^ Jeanne de Clère, mestre de camp du régiment de Conti, rcm- ^^^ SQccessÎTement les fonctions d'Envoyé du roi à Mayence(1673), en Savoie (1675), r^^Uemagne auprès des princes de Brunswick en 1680, fut nommé ambassadeur Turin, en novembre 1684, chevalier des ordres en 1688, gouverneur du duc do «*rtres en 1689 à la place du duc de la Vieu ville, puis premier gentilhomme de J*Chanibre de ce prince, conseiller d'État d'épée en 1694, et mourut à Mau- ^&e en juin 1694. « C'étoit un homme bien fait et de fort bonne mine... d'une
* ^citn et d'une capacité peu commune, sans nulle pédanterie, et fort rompu au
* S^^nd monde, et un très vaiUant homme, sans nulle ostentation... Il s'était fait ' ttne grande réputation dans ses ambassades. » Cf. Mémoires de Saint-Simon, »onée 1604.
74 LE MARQUIS D'ARCY, i075.
Enfin, Tenvoyé de Louis XTV reçoit Tordre de solliciter de Madam< Royale la réhabilitation d'un des principaux personnages de la cou ducale qui venait d'encourir la disgrâce de Charles-Emmanuel. I n'est pas sans intérêt de rappeler en quelques mots cet inciden dont le retentissement fut alors considérable en Piémont et qui n< fut pas sans exercer une certaine influence sur nos relations diplomatiques avec la cour de Turin.
La guerre avec la République de Gènes qui avait motivé li seconde mission de Gaumont en Piémont, n'avait, aux yeux du du< de Savoie, rapporté aucun profit à sa couronne, et le traité qui y mil fin avait été considéré par Charles-Emmanuel comme une humiliation. Or, cette campagne avait été l'œuvre du marquisTde Pianesse, ancien ministre, et de son fils le marquis de Livoùrne. 11 fut facUc aux ennemis de cette famille de les perdre dans l'esprit mobile el prévenu du duc de Savoie. Après de nombreuses tracasseries, le vieux marquis de Pianesse fut enfermé dans un couvent. Prévoyant pour lui-même un traitement plus rigoureux encore, le marquis de Livoùrne s'était retiré à la cour de France où il fut bien accueilli. Il prit du service dans les armées françaises, reçut trois blessures I Seneffe, et trouva moyen d'intéresser Louis XTV à sa cause. Di vivant de Charles-Emmanuel, les démarches tentées par ordre di Roi à Turin en faveur du marquis de Livoùrne se heurtèrent à ui refus absolu du duc de Savoie. Le 18 mai 167S, quelques jours même avant la mort de ce prince, le Sénat de Turin déclara, par une sentence solennelle, l'exilé criminel de lèse-Majesté, le condamna à êtr< dégradé de ses litres et dignités, dépouillé de ses biens, banni àper pétuité et, s'il tombait entre les mains de la justice, décapité par h glaive.
Le marquis d^Arcy devait profiter de son séjour à Turin poui tâcher d'obtenir de Madame Royale Tannulation de cette sentence Voici les instructions que le marquis de Pomponne lui donna pou cette mission.
MÉMOIRE POUR SERVIR d'iNSTRUCTION AU SIEUR MARQUIS d'aRCT ALLANT DE LA PART DU ROI PRÈS DE MONS" LE DUC DE SAVOIE.
Afi. Etr. Corr. Turin, t. LXV, foL 17.
Versailles, 10 août 1675.
M*"^ la duchesse de Savoie ayant donné part au roi par 1