‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 63 sur 223 · PROJETS DE GUERRE DANS LE MILANAIS · texte numérisé non relu

PROJETS DE GUERRE DANS LE MILANAIS

mort de Don Gabriel de Savoie, du marquis de Saint-Maurice el du président Trucciii. Ainsi tout le gouvernement, sous les I ordres de Madame ta dachesse de Savoie, est renferma entre ■es mains de ces huit personnes.

Le président Trucchi avait, sous feu M. le duc de Savoie, la première conliance du duc son matlre. et la principale part -^ans les affaires. Il parait beaucoup déchu depuis sa morl. ^^uoiqu'it soit toujours considérable par la direction qu'il a des Enances. Celui qui paraît avoir aujourd'hui le plus de crédit t le marquis de Saint-Thomas, et avec lui le marquis de Sainltfaurice. Les autres ont une part plus générale dans les affaires. £.es sentiments de toute cette cour, tels qu'ils ont 6\é depuis lovigtemps, sont encore apparemment fort éloignés de prendre p2«.rt dans la guerre, et Madame la duchesse de Savoie lâchera ■v'r-^semblablement à couler tout le temps de sa régence dans tm« neutralité, el à se maintenir également bien avec la France avec l'Espagne.

Ce n'est pas que. si elle était capable de prendre des peu- ^^^s d'augmenter les états du duc son tils, ses pays, qui se l>*ouvent cxtrCmemont repeuplés depuis la paix des Pyrt^nées ^*- dans une fort grande abondance, ne lui donnassent moyen ^ profiter de la faiblesse des Espagnols dans le Milanois. Pour ï*eu qu'elle joignît à ses propres forces les assistances qu'elle t'^^Urrait recevoir du Roi, elle pourrait mettre sur pied une ^■•■ttïée considérable, et causer delà les monts une diversion "^•"t favorable aux intérêts de Sa Majesté.

^lais, comme on ne peut guère s'attendre qu'elle entre d'abord

****>ns celte pensée et que la proposition qui pourrait lui en ftre

^^,'*>il« la metlrait en peine sans produire aucun effet, Sa Majesté

^^H^^ juge pas à propos de lui eu faire directement aucune ouver-

^^^1 Elle désire seulement que le sieur marquis de Villars, après

^^^1 ^D arrivée h Turin, s'insinue autant qu'il lui sera possible

^^H ^ans l'esprit de cette princesse et de ses ministres, qu'il

*l'omelte rien pour leur faire connaître que leur principale

Confiance pour l'intérêt de leur jeune prince doit toujours être

«n l'alliance et en l'amitié de la France; qu'il s'applique à décou-

vrir leurs intentions sur l'iîtal présent des alTaîres; qu'il leur fasse adroitement envisager le mauvais étal des Espagnols dans le duché de Milan, qu'il tâche à leur faire souhaiter d'en tirer quelque avantage, et qu'eu détruisant insensiblement l'amour qui est si fort établi dans cette cour pour )c repos, il y fasse naitre, s'il se peut, celui de la guerre,

Qu'il prenne garde seulement de parler tellement sur tous ces sujets comme de lui-môme, que ce qu'il dira ne puisse avoir aucun air d'une proposition qu'il ferait par ordre de Sa

Sa principale application sera de cunnoitre l'état de cette cour, les dispositions de Madame la duchesse de Savoie et celles de tout son conseil afin que, sur la peinture qu'il en fera à Sa Majesté, elle puisse juger si elle lui devrait ordosner de parler en son nom, s'il y aurait quelque espérance de porter celte cour dans un engagement contre l'Espagne, ou de donner au moins une telle jalousie dans l'élut de Milan que le besoin de veiller de ce côté y retint de l'argent et des hommes que l'Espagne pourrait employer ailleurs. Ledit sieur marquis de Villars travaillera de même à s'instruire de l'état présent du Piémont, c'esL-à-dirc de celui des finances, de celui du pays et des peuples, des troupes qui sont présentement sur pied et de celles qui s'y pourroient mettre, et de ce que le duc serait capable d'en entretenir.

Bien que Sa Majesté désire que le sieur marquis de Villars travaille également à s'insinuer dans l'esprit de tous les minisires. Sa Majesté juge toutefois qu'il y trouvera plus de facilité auprès du marquis de Saint-Maurice qu'auprès d'aucun autre, il a contracté un attachement particulier pour Sa Majesté dans le long temps qu'il a servi d'ambassadeur auprès d'elle. Il parait mfme lié plus étroitement à la France par les biens qu'il y possMc et qui ont été des bienfaits du feu roi dans sa maison. Toute sa conduite, depuis qu'il est de retour en Piémont, a marqué le respect particulier qu'il a pour Sa Majesté, et nul autre appatemment n'entrerait davantage dans tout ce qu'il croirait qui lui pourrait plaire. Mais, outre son affection particulière pour la France, comme il se promettrait sans

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