‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 65 sur 223 · PROJETS DE GUERHE DANS LE MILANAIS · texte numérisé non relu

PROJETS DE GUERHE DANS LE MILANAIS

UÈaom POVR SERVIR d'instruction ad Sli^UR CARDINAL d'esTRÉES, ALLANT EN PIÉXOKT

&ff. EU., Corr. Tniin, t. LXVI, fol. 270

38 septembre 1677.

^^^^^^^Êk troupes, destitué des secours qu il recevoit aulre- ^^^^^^^^eset de Sicile, la t'oiblesse de l'Espagne incapable d'y donner les assistances nécessaires, et la plupart de ses places négligées autant pour les garnisons que pour les forti- Geslions ont fait prendre la pensée à Sa Majesté de porter la lierre de ce c6té. La considération dont est cet état pour la DOQiircliie d'Espagne doit faire croire que le besoin de le conserver sera plus puissant que toute autre raisoQ pour porter te roi catholique à la paix, ou que, s'il s'opiniàlre à la guerre. Sa Majesté profitera di- l'occasion favorable qui se présente & die pour faire des conquêtes en Italie. C'est dans cette vue lu'elle a résolu de faire passer l'année prochaine une armée Considérable au-delà des monts, et qu'elle dispose d^s cette lieure toutes les choses nécessaires pour ce dessein.

Mais, eommu une des principales doit ôLre l'établissement des passages cl des magasins dans le Piémont, qu'elle doit ^hit se promettre que Madame la duchesse de Savoie suivra les exemples qui lui ont été donnés p^r les derniers ducs de Savoie t-t par Madame de Savoie Christine de France sa bello- Dtfn, elle veut bien lui faire communiquer sa pensée et l'invitvr à se joindre à elle, dans une entreprise dont les suites I>cuvcnt ôlru également utiles et avantageuses pour le duc son frk

Pour lui faire connottre ces sentiments, et pour la disposer à ce qu'elle désire. Sa Majesté a eru que le siour cardinal d'Esti^ seroit plus propre que louL autre. L'étroite amitié et la ranliance que cette princesse a eue pour lui dans tous les ^t qui a mfimc été renouvelée H. son dernier passage en

U LE CARDINAL D*BSTRÉBS, 4677.

Piémont, mais surtout sa capacité, son adresse, son zèle et sa fidélité pour le service du roi, si grandes et si connues de Sa Majesté, lont portée à remettre entre ses mains toute h conduite de cette affaire.

Le bruit qui s'est répandu du retour dudit sieur cardinal i Rome servira de prétexte au voyage que Sa Majesté désire qu'il fasse à Turin. Il appuiera même cette créance et en partant de la cour et en arrivant en Piémont, et se servira dans la suite ou de quelque indisposition supposée ou de quelques ordres qu'il dira attendre de Sa Majesté pour hlre durer davantage le temps que Madame la duchesse de Savoie l'aura invita de demeurera sa cour.

Comme il y trouvera le sieur marquis de Villars, ambassadeur extraordinaire du roi, l'intention de Sa Majesté est qu'il lui donne part de tous les ordres qu'il a reçus, qu'il lui communique, et qu'il le joigne à sa négociation pour y agir ou conjointement ou séparément suivant ce qu'ils jugeront l'un et l'autre plus conforme aux intérêts de Sa Majesté. Quelque con fiance qu'elle ait audit sieur marquis de Villars, elle a }ugl d'autant plus nécessaire de faire entrer ledit sieur cardinal d'Estrées en cette affaire, qu'outre que son crédit personnel peut beaucoup auprès de Madame la duchesse de Savoie, elle c appris depuis peu par le sieur marquis de Saint-Maurice que cette princesse faisoitquciques plaintes de la marquise de Villan sa femme, qui pourroient peut-être lui causer plus de réserve pour nous, bien que Sa Majesté veuille être persuadée que ni lui ni ladite marquise de Villars n'y ont point donné d'occasion.

Lorsque ledit sieur cardinal d'Estrées sera arrivé à Turin, qu'il aura rendu ses premières civilités à Madame la duchesse de Savoie, la confiance qu'elle prend en lui lui ouvrira aisément des occasions non affectées d'entretien et d'audience particulière avec elle. Ce sera alore qu'il se déclarera à cette princesse des véritables instructions dont il est chargé. Après l'avoir forl assurée de la sincère amitié de Sa Majesté pour elle et poui M. le duc son fils, il lui confiera le dessein qu'elle a pris d< porter la guerre en Italie ; mais il lui fera en même temps consi' dérer cette pensée de Sa Majesté dans la vue principalement d<

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