‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 90 sur 223 · AFFAIRE LASCARIS · texte numérisé non relu

AFFAIRE LASCARIS

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verner s^s ^taU par ce moy^ n plus absolument et plus ind^pendamnipol de Sa Majesté : aussi Icdîl sieur comte de n<5beottc doit obsencr soigneusemect toutes les démarches de ce prince, et sur toutes choses empêcher autant qu'il lui sera possible ^'il ne rcf^ive aucun ministre d'Espace en sa cour, pour y lider; et, comme il n'y en a point eu depuis le duc de aazzo sinon pour quelque compliment passager et que la coor de Savoie s'est, en quelque façon, engagée depuis ce tempslù jk n'en plus souffrir, à moins qu'elle n'obtienne à Madrid les mêmes honneurs que Sa Majesté a bien voulu lui accorder, il a bien de Tapparence que le comle de Ri^benac n'aura pas de line à obliger ce prince de persévtJrer dans cette r<^solution,

'occasion s'en présente.

Entre les sujets de mécontentement que la conduite du duc Savoie a pu donner depuis quelque temps h Sa Majesti^, le premier est le refus que ce prince a fait, sur les instances du marquis d'Arcy, de mettre en Hbertti le sieur de Lascans ', capitaine dans le r<^giment de Sanlena qui est à présent au service de Sa Majesté, et ce refus est d'autant plus insoutonnblc qu'il n'y Bvoit aucune accusation intentije contre ledit Lascaris av-ant qu'il se soit engagé au service de Sa Majesté, 11 est vrai que ce prince a dit depuis au marquis d'Arcy. pour s'excuser, qu'on avoil fait des informations qui juslïfioicnt des faits graves contre ledit Lascans, avant qu'il fftt au service de Sa Majesté, et qu'il ordonncroit à son ambassadeur de faire connoltre à Sa Majesté les raisons qu'il avoit de retenir ledit Lascaris. Mais ce ministre n'a rien dit qui puisse diminuer le tort qu'a le duc de Savoie de marquer si peu d'égard pour ce que le Roi |4éstre.

Le duc de Savoie a fait le même refus sur la demande qui a faite au nom de Sa Majesté en faveur du marquis de lUveau sujet d'une commanderie qui lui appartient înconilemont, et dont on le dépouille d'une manière si injuste

Pt. An «Bjel ds l'incidenl du c«piUm« do Lucans, Cf. Camill* Roussel: BUlairt yUweit, IV, I.. ÏT8.

■ f. Le marquis de Rirarol, gealilbomme piétnanlus, ilail colonel du réginenl ^~~ti lùémonlau qui m trouTail slon au wriicB de Loui» XIV.

qu'on ne peut attribuer ce mauvais traitement qu'au service qu*il rend à Sa Majesté. C'est aussi ce qui l'a obligée d'ordonner au marquis d'Arcy, de dire aux ministres de Savoie, qu'elle pouvoit bien empêcher qu'aucun des sujets de ce prince ne jouisse des biens qu'il a dans les états de Sa Majesté.

Ces deux affaires sont néanmoins demeurées jusqu'à présent en cet état, et il sera nécessaire que le comte de Rébenac insinue encore aux ministres les mieux intentionnés, qu'un plus long refus sur ces deux points pourroit bien faire prendre à Sa Majesté des résolutions qui ne seroient pas agréables au duc de Savoie.

Enfin, ce prince faisant paroitre, en toutes occasions, de si méchantes intentions, il ne convient point aux intérêts de Sa Majesté de lui laisser augmenter ses troupes assez considérablement, -pour donner à la France de plus justes sujets de défiance et de soupçon. C'est pour cet effet que Sa Majesté avoit ordonné au marquis d'Arcy, par sa dépêche du 9* septembre, d'observer de près les démarches de ce prince, et que, s'il voyoit qu'il augmentât ses troupes de plus de deux mille hommes, il fit entendre à ses plus confidents ministres que le duc leur maître pouvoit s'assurer que, s'il étoit attaqué par ses voisins, Sa Majesté lui donneroit tout le secours dont il auroit besoin, et qu'ainsi une plus grande levée que celle de deux mille hommes lui seroit à charge.

Sa Majesté veut que ledit sieur de Rébenac observe s'il se fait quelque levée ou augmentation de troupes considérables, et qu'il se contente de donner avis à Sa Majesté de ce qui se passera pour attendre ses ordres. Elle veut môme que, s'il reconnoît dans la suite du temps que la raison, la douceur et les véritables intérêts de ce prince aient plus de pouvoir sur son esprit que la juste appréhension qu'il doit avoir du ressentiment de Sa Majesté, elle lui permet de se servir plutôt des insinuations et remontrances, que d'aucune autre voie qu'on puisse attribuer à menaces.

Ledit sieur de Rébenac s'informera si le comte de Martiniano, qui a été envoyé à Madrid, il y a environ quatre mois, pour complimenter le roi d'Espagne sur la mort de la reine, est en

CEREMONIAL.

lis

chemin pour revenir, suivanl la parole qu'on a donnée au marquis d'Arcy qu'il ne feroil aucune rt^sidenro à la cour d'Espagne ap^^s le compliment. Le dît sieur comte de Rébenac sera inforaié par l'extrait ci-joint des lettres du marquis d'Arcy et des réponses de Sa Majesti?, du diffi'rend que cet ambassadeur a eu avec le duc de Savoie qui l'avoît empOchO de prendre un fauteuil auprès de lui. dans un repas que le duc de Monaco ilouna à ce prince ; et, comme après avoir été mieux informé de ce qui s'étoit psss<^ en pareille occasion tant avec ledit sieur d'Arcy qu'avec d'autres ambassadeurs do Sa Majesté, il a reconnu qu'il étoit juste de lui accorder le fauteuil et a promis de le faire lorsque l'occasion s'en présenteroit, ledit sieur de KébeDac ne la doit pas manquer lorsqu'elle se rencontrera, pour ne point laisser violer cette interruption de possession et faire

pendre à son Ledit sieur comte de Rébenac saura dudit

sieur marquis d'Arcy les c<:rémonics qui se sont pratiquées du ns celte cour à l'égard dos ambassadeurs, et il doit remarquer que tous les chevaliers do l'Annonciade qui tiennent le premier i-ang en Piémont, ne reçoivent point la main de l'ambassadeur, et qu'ainsi il no la doit pus mémo donner au chevalier de cet ordre qui lui sera envoyé pour l'accompagner à l'audience de cérémonie.

Ledil sieur de Rébcnac rendra un compte exact directement à Sa Majesté par tous les ordinaires do tout ce qui se passera, et les ordres qu'il recevra d'elle lut serviront d'instruction parliculière sur toutes les affaires qui surviendront.

Il entretiendra aussi une bonne correspondance avec tous les ministres de Sa Majesté dans les cours étrangères, afm d'^'lre Iruit par eux do ce qui s'y Irailera et de pouvoir d'autant mx régler la conduite qu'il aura h tenir au lieuofi il vu. I fera aussi savoir son arrivée aux sieurs d'Horleville' et

mant * et tiendra avec eux et avec ceux qui commanderont

'. Le m&rquis do Orouill; d'Harlcrille, gouremciir do Pignoral, Il aviiit athflé ce oement & son caïuùn Antoine do BrouUty.marquU de PicnnM cl moorul«n 1713. k Pierre de Perrien, mnrquis de Crnnnn, marrlchBl dea camps et nrmée» du roi. irocDC de Cisot. On trouTera différent* rcnsnignemencs 3ur le rAle que jouii ji éiwque le msrquli do Crenan daTis le Heeuetl du inslruelioni a«x amba%- 'nislrti lie FrniiCf A Mentoue.

les troupes de Sa Majesté en Dauphiné, la même correspondance que le marquis d'Arcy a tenue.

Outre ce qui est contenu dans la présente instruction des avis ordinaires que le roi veut que ledit sieur comte de Rébenaclui donne de tout ce qui se passera dans la cour de Savoie, rintention de Sa Majesté est que tous ses ambassadeurs et ministres au dehors lui apportent., au retour de leurs emplois, une relation exacte de ce qui se sera passé de plus important dans les négociations qu'ils auront conduites, de l'état des cours et des pays où ils auront servi, des cérémonies qui s'y observent soit dans les entrées soit dans les audiences ou dans tout autre rencontre, du génie et des inclinations des princes et de leurs ministres, et enfin de tout ce qui peut donner une connoissance particulière des lieux où ils auront été employés et des personnes avec lesquelles ils auront négocié. Aussi, ledit sieur comte de Rébenac aura soin de préparer un mémoire de cette sorte, en forme de relation, de l'emploi que Sa Majesté lui confie pour le remettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.

Ledit sieur de Rébenac doit envoyer toutes ses dépêches à Pignerol par un exprès qui retirera en même temps celles de Sa Majesté, et lui rapportera pour ne pas exposer à la curiosité des ministres de Savoie les ordres que Sa Majesté lui donnera sur le compte qu'il lui rendra de ce qui se passera dans cette cour.

Fait à Versailles, le 4 novembre 1689.

Une fois la guerre déclarée, le comte de Rébenac ne rentra en France qu'après avoir été retenu trois mois prisonnier en Piémont.

La campagne de 1690 fut malheureuse pour Victor-Amédée, qui fut battu à Staffarde (18 août) et qui perdit successivement toute la Savoie, Cavour et Suse. En 1691, les troupes françaises s'emparèrent du comté de Nice. D'autre part, le duc de Savoie n'était pas sans sujets de plainte du côté de ses alliés. Dès le mois de décembre 1690, un de ses aumôniers, Tabbé de Cumiane, fit, par Tentremise du marquis d'Harleville, gouverneur de Pignerol, de secrètes ouvertures en vue d'un rapprochement avec la France. Après la prise de

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