‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 92 sur 223 · L. CXVI, fol · texte numérisé non relu

L. CXVI, fol

VertaiUes, le 13 aeplen

twe Roi ayant agréé la proposition que ledit sieur comte de iKnac a faite de se rendre à Venise pour y profiler des occaôns qui se pourroient présenter cet hiverdinsinuerà l'Élecleur de Buvi&re et au duc de Savoie les raisons qui peuvent Ifs porter à rentrer dans leurs v(!ritablea intérêts, et i se précaiilionner conti'e les desseins ambitieux de la maison d'Autriche, Sa Majesté a jugé à propos d'instruire ledit sieur de ^■■J^benac de ce qu'il pourra avancer comme de lui-môme dans HHl entreliens que le hasard ou plutôt son adresse lui t'eiii avoir |HKc ces princes, au cas qu'ils aillent cet hiver à Venise prendre I les divertissements du carnaval. Sa Majesté n'u pas sujet de croire que ledit sieur comte de Rébenac qui a été honoré de plusieurs emplois très importants pour son service, et principalement des ambassades d'Espagne et de Savoie, puisse perïmder ceux qui le verront ù Venise qu'il n'y soit allé que pour wn plaisir ou pour quelque alTaire fâcheuse ; et, quoique le

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vrai moyen d'entrer dans les conversations familières et même dans les divertissements de ces deux princes, seroit de ne paroitré chargé d'aucune affaire, néanmoins comme il n'y a pas d'apparence qu'ils veuillent s'abuser à ce point-là, Sa Majesté a jugé à propos de donner audit sieur de Rébenac des lettres de créance pour tous les princes et Etats d'Italie, sous prétexte du grand intérêt qu'ils ont de s'unir tous ensemble pour garantir leurs états et les défendre contre les injustes entreprises de la maison d'Autriche, et surtout contre celles de la cour de Vienne qui fait assez voir, par la conduite que le comte Caraffa tient à Milan, qu'elle prétend réduire les princes et états d'Italie dans une plus grande sujétion que ceux d'Allemagne. Ainsi, Sa Majesté laisse à la prudence du sieur de Rébenac ou de prendre la qualité de son envoyé extraordinaire auprès des princes et États d'Italie, même de leur présenter ses lettres de créance, et de leur parler en la manière qui lui sera ci-après expliquée, ou de cacher le véritable sujet de son voyage s'il croit le pouvoir faire sous tel autre prétexte dont il jugera à, propos de se servir.

Quant au principal sujet de sa négociation qui dépend de la résolution que pourront prendre le duc de Savoie et TElecteur de Bavière ^ d'aller à Venise, il saura premièrement que cet Electeur ayant fait témoigner au commencement de la campagne au sieur de la Haye \ ambassadeur de Sa Majesté à Venise, par un Français appelé le chevalier de Tournon, qu'il ne s'éloigneroit pas de faire un traité de neutralité et môme de prendre de plus grands engagements avec Sa Majesté, si elle étoit disposée à lui donner des témoignages de son affection. Sa Majesté envoya pour cet effet, le 28 juin, au sieur de la Haye les pou-

1. Antoine comte de Caraffa, des seigneurs de Forli, prit du service dans les armées do l'Empereur, combattit contre les Turcs, major-gcncral de bataille en 1685, commissaire général impérial au siège de Belgrade, chevalier de la Toison d'or, exerça ensuite divers commandements sur le Rhin et en Italie, puis fut nommé membre du conseil secret de l'Empereur. Il mourut en 1693.

2. Maximilien II Emmanuel (1662-1726), électeur de Bavière depuis la mort de son père en 1679. Par sa mère Adélaïde-Henriette de Savoie, il était cousin germain de Victor- Amédée II.

3. Denis de la Haye, sieur do Vantelet, fut successivement ambassadeur à Constantinopl.\ on Bavi.'iv ot r\ Venise. Il résida dans ce dernier poste de 1684 à 1701.

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