‹ Savoie-Sardaigne et Mantoue (volume 2)Chapitre 98 sur 223 · OFFRES A L'ELECTEUR DE BAVIERE. ICI · texte numérisé non relu

OFFRES A L'ELECTEUR DE BAVIERE. ICI

s« sont obligés, en cas d'ouverture de la succession d'Espagne, «de raettre l'empereur en possession des Pays-bas, et de l'assîstcr de leurs forces pour s'y maintenir envers el contre tous : en sorte qu'ils ont exclu ledit électeur de Bavière de cette souveraineté dont ils l'ont si longtemps leurré; et, quelque ^pérance qu'ils puissent lui on donner, il n'y doit faire aucun fondement, non plus que sur tous les autres états de la couronne d'Espagne, dont la maison d'Autriche est bien éloignée de vouloir augmenter la puissance de celle de Bavière. Mais pour faire voir qu'il n'en est pas de même de Sa Majesté, et cjuVIle désire sincèrement ses avantages, elle veut bien encore ajouter à l'offre, qu'elle donne pouvoir audit sieur do Rébenac de lui faire de la cession de tous les droits que Monseigneur le <]»upbtn et ses successeurs pourront avoir sur les royaumes de Naples et de Sicile, le choij: d'une pureille cession sur le <lucbé de Milan, et l'appui des forces du Sa Majesté pour l'en lettre en possession, en cas qu'il préfère ce duché, comme il sa ci-devant témoigné, aux susdits royaumes do Naples el de picile. Et, comme il ne faut pas douter que le retour dudit éleclUr dans l'alUiinco de Sa Majesté y faisoit aussi rentrer le duc i Savoie et que ce prince seroït d'autant plus porté à joindre B forces k celles de Sa Majesté pour mettre ledit électeur en ■session dudit duché, qu'il convient mieux h un duc de iRVoie d'avoir un électeur de Bavière pour son voisin que (npcreur ou le roi d'Espagne, il y a bien de l'appai-ence que ette proposition sera agréable audit électeur de Bavière, et b'U connoitru bien de quel avantage il lui seroit, dans le nps que l'empereur le trompe pI qu'il s'assure les Pays-bas Il l'amusant de belles espérances, de prendre de justes mesures rec le Roi pour se pouvoir rendre nuiitre d'un Etat qui est »acoup plus h la bienséance de la maison de Bavière, qu'aucun autre dépendant de l'Espagne, et qu'il peut facilement conserver, tant par l'alliance de .Sa Majesté que par celle du duc , de Savoie, sans s'éloigner beaucoup de ses Etats.

1 Majesté est bien persuadée que ledit sieur de Rébenac

are fKire un bon usage de ce nouveau moyen et qu'à moins

f l'Electeur de Bavière ne se'soit laissé aveugler par les

KKCIIBIL UKS INSTR. DIPLOM. IIV. — Il

fausses promesses de la maison d'Autriche, il abandonnera ce parti pour profiter de celui que Sa Majesté lui offre.

Mais, si tous ces avantages n'étoient pas capables de l'attirer dans les intérêts du Roi et que, se trouvant également touché, d'un côté, de l'ambition d'être honoré de la dignité royale, et de l'autre, d'acquérir un Etat autant à sa bienséance que le duché de Milan, il offrit au sieur de Rébenac d'entrer dans les engagements qu'il lui a proposés à condition que Monseigneur le Dauphin voulût bien renoncer, tant pour lui que pour ses successeurs, non-seulement au duché de Milan, mais aussi au royaume de Sicile ou à celui de Naples, Sa Majesté veut bien encore donner pouvoir audit sieur de Rébenac de promettre de sa part, à toute extrémité, la cession dudit royaume de Sicile conjointement avec celle du duché de Milan, ou en dernier lieu celle-ci avec le royaume de Naples détaché de la Sicile, et môme d'engager Sa Majesté à donner audit électeur lorsqu'il en sera temps, le secours dont il aura besoin, tant par mer que par terre, pour se mettre en possession desdits Etats.

Ledit sieur de Rébenac juge bien qu'il ne doit faire cette dernière offre, soit du royaume de Sicile conjointement avec le duché de Milan, ou de ce duché avec le royaume de Naples, séparé de la Sicile, qu'au cas qu'il reconnoisse, après avoir entièrement épuisé ses premiers pouvoirs, qu'il est d'une nécessité absolue de consentir encore, au nom de Sa Majesté, à l'une ou l'autre de ces cessions pour conclure son traité avec ledit électeur de Bavière.

Fait à Fontainebleau, le 20* septembre 1691.

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